Lundi 1 Mars 2010 - 10:16
Anthony Kavanagh fête ses 40 ans au Cotton Club
Rencontre avec un jeune papa qui a toujours le mot pour rire.
Le 3 mars, le comique québécois se produit dans la salle de Saint Julien lès Metz et présente son nouveau spectacle. Rencontre avec Anthony Kavanagh, qui revient sur sa récente paternité, ses quarante ans, et ses influences.
Anthony Kavanagh est de retour avec son nouveau spectacle « Ouate Else ». - ©LPC
La Plume Culturelle : Votre nouveau spectacle a pour nom Ouate else. Que pouvez-vous nous en dire ? Anthony Kavanagh : Voici le fil rouge : je viens d'avoir 40 ans et je suis papa pour la première fois. Je prends conscience que mon fils vient de naître dans un monde qui n'a plus rien à voir avec celui dans lequel je suis né. Je remarque les différences entre ce que j'ai vécu et le monde d'aujourd'hui. Ce n'est pas de la nostalgie, c'est une simple constatation.
LPC : Qu'est-ce qui vous a inspiré dans l'écriture de ce nouveau show ? AK : Le fait d'avoir un enfant, ça inspire chaque jour. Tu as l'impression de vivre avec un ivrogne. Il se bave dessus, il se vomit dessus, il fait pipi partout même sur moi. Il n'a pas d'équilibre, ses propos sont incohérents. Cependant, grâce à cet enfant, j'ai gagné en bonheur, en joie de vivre. Bon, j'ai perdu en sommeil, beaucoup, beaucoup (Rires). Quand on est père, on est obligatoirement plus responsable. Je réalise qu'aujourd'hui je suis Mr Kavanagh.
LPC : 40 ans, ça vous a changé ? AK : Il paraît que c'est le plus bel âge de la vie, demandez à Arielle Dombasle, elle le fête tous les ans ! Tous les âges ont eu leur charme. Je n'ai pas eu de choc, c'est plutôt à 30 ans que j'ai déprimé durant deux mois, en me disant : « non je n'ai plus de 2 devant mon âge ». Après, on se dit que c'est juste un chiffre. On reste encore jeune, mais moins con qu'à 20 ans. A 40 ans, je suis encore relativement préservé donc je suis content. J'ai toute ma tête, j'ai la santé, j'ai un bébé. Tout va bien. Je parle de mes 40 ans mais je n'y pense pas vraiment, c'est seulement un chiffre pour moi. La seule angoisse qui me tiraillait, c'était avant d'avoir mon fils, quand je me disais : « je ne veux pas être un vieux papa, si ça continue comme ça je ne pourrai plus jouer au foot avec mon gamin ». Mon fils aura vingt ans quand j'en aurai soixante donc ça ira !
LPC : En regardant derrière vous, quel regard portez-vous sur votre carrière ? AK : Il y a vingt ans que je fais ce métier. Je constate que je suis encore là, c'est déjà fabuleux. Je me considère comme quelqu'un de très chanceux. J'ai pu faire beaucoup de choses : des voyages, des rencontres. J'ai pu traverser l'Atlantique, j'ai réussi à faire rire les Européens francophones : les Suisses, les Belges. Aujourd'hui encore, on me demande d'aller jouer dans différents pays, je suis ébloui car j'arrive à faire rire tous ces gens-là. J'ai touché à tout ce que je voulais toucher ou presque jusqu'à maintenant.
LPC : Justement qu'est-ce qu'il vous reste à accomplir ? AK : J'aimerais jouer en anglais, faire du théâtre aussi. Et puis, on m'a souvent demandé de mettre en scène un spectacle pour quelqu'un d'autre, c'est quelque chose que je compte faire maintenant. Je vais bientôt revenir à la télévision aussi.
LPC : Entre la scène, la musique, la télévision, le cinéma, qu'est-ce que vous préférez ? AK : Ce que je préfère, c'est définitivement le contact avec le public, la scène sous toutes ses formes. J'aime être en direct avec les gens à partir du moment où il n'y a pas de règles. Ce contact, rien ne l'a égalé jusqu'à maintenant, même si j'aime faire d'autres choses. Comme j'ai tendance à m'ennuyer facilement, j'ai besoin d'essayer d'autres trucs en permanence. Cette polyvalence, ce besoin de plein d'occupations, c'est très noir-américain, anglo-saxon.
LPC : Prêtez-vous attention aux réactions concernant vos sketches ? AK : Pour tout vous dire, je ne fais pas attention aux critiques des journalistes. Qu'elles soient bonnes ou mauvaises, j'essaie de ne pas les lire, parce que si on ne prend pas les mauvaises, il ne faut pas prendre les bonnes non plus. Je tiens compte uniquement des réactions constructives. Je pars du principe que les spectateurs paient pour venir me voir, s'ils trouvent ça drôle, ils rigolent et à la fin du show, ils applaudissent plus ou moins fort. Du coup, on sait à quoi s'en tenir. Ça m'arrive, une fois par mois, d'aller voir sur les sites de vente de billets de spectacle, pour observer les commentaires. Quand les spectateurs disent que c'est bien, il faut continuer, quand les gens aiment moins, je me remets en question.
LPC : Vous est-il arrivé de modifier votre spectacle ? AK : Le spectacle change tout le temps. C'est un show vivant qui évolue continuellement. Dans Ouate else, c'est 50% de l'ancien spectacle et 50% de nouveauté. Comme je le modifie au cours de la tournée, cet automne, en arrivant à Paris, peut-être 80% du total seront de la nouveauté ! Chaque soir, je remarque ce qui marche bien, ce qui marche moins, j'ai tendance aussi à improviser. Plus je suis sur scène, plus le show évolue, il est même arrivé que des numéros soient entièrement réalisés sur scène. « L'Europe, c'était un bel accident »
LPC : Qu'est-ce qui vous fait rire aujourd'hui ? AK : J'aime particulièrement certains comiques américains. On ne le sait pas, mais beaucoup d'acteurs américains ont commencé comme stand-up : Jim Carrey, Kevin Spacey, Eddie Murphy ou encore Robin Williams. Mes influences sont très nord-américaines. La France c'était un accident, je ne devais pas y venir. A l'origine, je faisais de l'humour en français et en anglais, mais les États-Unis m'intéressaient particulièrement. Puis, j'ai été invité au festival de Montreux en Suisse, ça a tellement bien marché que je suis revenu l'année d'après, on m'a jumelé avec Pascal Légitimus, on a fait des numéros ensemble. Après je suis venu en France, on a adapté mon spectacle avec Pascal.
LPC : Où ressentez-vous davantage de pression, au Québec ou en France ? AK : Je ressens beaucoup plus de pression au Québec sûrement parce que je vis en France à plein temps depuis six ans. Du coup, j'éprouve énormément de stress quand je retourne jouer à la maison. Pour l'anecdote, j'ai adapté mon spectacle pour le jouer au Québec, je n'y aurais jamais pensé avant, c'est marrant.
LPC : Êtes-vous pressé de jouer au Cotton Club ? AK : Comme d'habitude, je suis hyper content de me produire au Cotton Club. J'y ai joué plusieurs fois, on y est bien reçu et la salle est parfaite pour faire du stand-up. Les dernières fois, le public était très chaud et ça s'est très bien passé. Donc, notez-le, je suis de retour !
Contact et renseignements : Cotton Club 14 avenue Paul Langevin - 57070 Saint Julien lès Metz Tel : 03 87 62 06 20 - le site internet : www.cottonclub.fr Le site de l'artiste : www.anthonykavanagh.com Spectacle le 3 mars à 21h30 - Plein tarif : 41 euros.
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