Jeudi 28 Mai 2009 - 14:08
« Avec mes sabots lorrains » au « temps du père François » Tex’O mène la danse

par Propos recueillis par Érik Bonnet
Artiste chansonnier messin bien connu exerçant son art depuis plus de 10 ans déjà, Marc Tex’O reçoit la Plume Culturelle chez lui afin de parler de son nouvel album « Les pieds sur terre » et de sa longue carrière. Dès demain, il sera à Laneuville devant Nancy (54) et le 6 juin prochain au festival « Frimetz » à Metz (57).
©LPC|bruce-pierson.fr
La Plume Culturelle : Marc Tex'O, pourquoi un tel nom ? Et comment te décrirais-tu ? Marc Tex’O : C'est un nom composé, à l'origine un clin d'oeil à Tex Avery (créateur de dessins animés presque pour adultes dans les années 50 aux États-Unis) et 'O pour faire joli et donner un côté érotique. Sinon je suis auteur, compositeur, interprète, j'affectionne particulièrement quelques instruments comme la guitare électroacoustique, l'harmonica, l'accordéon. Avec tout ça j'adore être sur scène et partager mes créations avec le public. J'écris mes chansons "à la sensation", en fonction de ce que je vois, de ce que je vis et je me considère un peu comme un peintre de la vie qui utilise les notes et les mots en guise de pinceaux. LPC : Tu te présentes avec la règle des « 3A » ! Peux-tu nous en dire plus sur cette « règle » et pourquoi l’avoir choisie ? MT : Au début de ma carrière, j'ai bien sûr frappé aux portes des maisons de productions avec mes premières maquettes. J’ai même été signé rapidement par un label, un album a été enregistré dans de très bonnes conditions, des radio-tests avaient été réalisés et semblaient plutôt intéressants, et puis le label/société a fait faillite. L'album n'a donc jamais été commercialisé. Plutôt refroidi par cette première expérience, je me suis alors tourné vers l'autoproduction et j'ai découvert un ensemble d'activités qui m'a énormément séduit, un travail presque artisanal sur la construction d'un projet de A à Z, d'où cette règle des 3A : Autoproduit, Autodistribué et Autopromu.
LPC : Es-tu content de ce choix ? MT : La première expérience m'ayant vraiment séduit, j'ai continué ainsi. Depuis j'ai collaboré avec des éditeurs, des distributeurs et des tourneurs. Mais j’ai toujours gardé la « maîtrise » de la situation. Un avantage, la liberté, y compris celle de faire des conneries. L'inconvénient majeur, il faut apprendre à être réaliste en termes d'objectifs, et à savoir gérer si on veut durer et ne pas se perdre très vite. Pour un artiste ça n'est pas toujours le plus évident, loin s’en faut. Pour moi, le plus dur dans l'affaire reste de se « vendre » soi-même.
LPC : Tu tournes beaucoup et souvent dans de très petits lieux, en solo. Est-ce là aussi un choix d'indépendance ? MT : J'ai commencé par des tournées en solo jusqu'en 1998 tout simplement parce que j'aime cela et parce que c'est un vrai défi. Ensuite, j'ai monté une version groupe, ce qui est vraiment génial quand l'osmose existe entre tous les musiciens. Avec cette version, j'ai eu la chance de fouler tous les types de scènes, des cafés concerts jusqu’aux zéniths, en plus de belles scènes de festivals d’été. Mais la situation économique actuelle ne nous permet plus de jouer suffisamment à mon goût en version groupe, en respectant les règles d'embauche ; trop de paperasses, trop de frais, trop de charges et surtout des musiciens qui perdent leur statut d’intermittent et donc, obligés de courir les cachets, sont moins disponibles et motivés pour un travail artistique en profondeur. Alors je suis revenu actuellement à une version solo, mais sans pour autant abandonner la version groupe.
LPC : Sur la scène et en solo, comment se passe ta prestation devant le public ? MT : Je me produis dans une configuration assez originale où je chante principalement en m’accompagnant à la guitare et à l’harmonica tout en développant une rythmique vivante avec les pieds (grosse caisse – tambourin) ainsi que des accents de bongos en alternance avec le jeu de main droite de guitare. Sur certains titres, j’utilise l’accordéon à la place du couple guitare – harmonica. Je suis moi-même surpris de l'enthousiasme qui se développe autour de cette version avec laquelle je me suis déjà produit une vingtaine de fois depuis le début de l'année... Pourvu que ça dure !
LPC : « Les pieds sur terre » est ton 5ème LP. N'est-ce pas difficile aujourd'hui d'autoproduire un album ? Comment t'en sors-tu financièrement ? MT : Il n'y a pas de secrets pour s'en sortir financièrement et ne pas s'endetter pour produire ses albums, il faut tout simplement que les ventes d'un album permettent de financer l'enregistrement des albums suivants. Il est évident que l'arrivée de l'informatique à la maison et la possibilité de limiter au maximum la location d'un studio sur de longues durées favorisent énormément ce genre de démarche. Le coût de production d'un album de qualité a de fait considérablement diminué. Une autoproduction de qualité bien gérée s'amortit sans problème avec 500 albums vendus en direct en concert. Bien sûr à ce stade, on ne s'enrichit pas non plus mais on s'exprime, on existe artistiquement, et surtout on prend beaucoup de plaisir à partager ses créations.
LPC : Tes morceaux vont de « A l'époque de père François » plutôt nostalgique (et un peu politique) à « Le temps » en passant par «Les histoires d'amour ». Est-ce que ce sont les années qui filent trop vite, et un certain retour de la mémoire de Tex'O sur ses aventures passées qui confèrent une certaine nostalgie à ces « pieds sur terre » ? MT : Avec le temps, soit on devient réaliste, soit on fait l'autruche. J'aime le réalisme, regarder la vie telle qu'elle est, les gens tels qu'ils sont, avec toutes leurs facettes. J'aime les choses dites telles quelles, même si c’est souvent dur à dire et parfois encore plus dur à entendre. Observer les choses de manière réaliste et les exprimer sans détour procure une grande sérénité, ça renforce l'âme et apporte beaucoup de recul face aux dérapages du monde qui nous entoure. On vit dans un monde qui va trop vite et qui passe souvent à côté de l'essentiel, plusieurs épilogues des titres de cet album vont dans le même sens : retourner à l'essentiel et apprécier la vie, la route est courte... Trop courte !
LPC : Tu as également créé une chanson « clin d'œil » sur la Lorraine : « avec tes sabots » ; à l'heure de la mondialisation, une forme de résistance Texienne ? MT : Surtout un clin d'œil à la région où j'ai mes origines, et un refrain ancestral et magique. Ce titre est hyper populaire, dans le bon sens du terme, festif et tout le monde y va de bon cœur, des gamins aux plus âgés. D'ailleurs je recherche un partenariat pour enregistrer un clip vidéo, à bon entendeur… ! Sinon, c'est un titre sans prétention, juste pour le fun, un titre qui rassemble les esprits sans arrière-pensées pendant 3 minutes 30, rien que pour ça, c'est magique !
Notez
Musique
|
Arts & Expos
|
Spectacles
|
Littérature
|
Voyages
|
LPC, la revue
|
Rédaction
|
LPC TV
|
Chroniques
|
|