|
|
Croit qui peut
Chers amis, ici commence le début des prémices du frémissement d'une ère nouvelle. L'Homme va grandir, non point en taille, bande de gabelous, mais en esprit. En esprit devin évidemment. Dieu, dans son infinie bonté, et son coupé sport à sièges pontificaux, va descendre parmi nous vers 23h37 juste derrière le bel hypermarché. Moi qui suis le représentant d'une des plus grandes succursales divines, je sais déjà son message. Eh oui tas de fleurs de naves. Il m'a donc demandé de vous préparer à cette rencontre du quatrième type, Dieu n'étant pas le premier venu. Vous connaissez d'ailleurs tous ses prédécesseurs qui étaient en fait déjà lui-même. Jusqu'ici tout va bien. Bon, son message est clair, ce qui compte c'est la Sainte Trinité, en gros Dieu est Un et ils sont trois dedans à l'intérieur même du concept, donc Dieu a inventé le trois en un bien avant les marchands du temple. Dieu est grand, le monde est petit, j'ai l'esprit large, ne soyez pas obtus et faites vos ablutions avant chaque repas. Jamais pendant le repas. Voilà donc le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et quand ils prennent l'avion, ils ne payent qu'un billet ; en plus d'être bon, Dieu est malin. Alors le Père c'est le Père. Le Fils est le Fils et le Saint-Esprit c'est l'Internet sans fil.
Dieu pour avoir un fils s'est, une nuit (dans un pays plein d'Arabes, quel courage il a Dieu !) donc une nuit, arrangé pour rencontrer Marie, une juive soi-disant en passant, par l'entremise de Gabriel Larcange bien connu des services de police pour toutes sortes de trafics entre le ciel et la terre. Marie, naïve, fut donc rapidement enceinte des œuvres divines. La tuile, elle n'était encore que fiancée avec Joseph Lecharpentier. Elle a eu beau, dès le début, expliquer le problème à Joseph, il ne voulait rien entendre le mécréant ! Remarquez, la ficelle pouvait paraître un peu grosse, si je puis me permettre une telle comparaison. Joseph rouscaillait donc comme un mal poli, il était tout prêt à en venir aux mains et aux pieds quand Dieu lui fit le bâton tout fleuri avec menace de le laisser en l'état s'il ne fermait pas sa grande gueule de barbu hirsute et intolérant ! Comment que ça l'a calmé le Joseph, il est rentré dans le rang. Il a épousé la ronde dans une grande fête avec un rabbin et des enfants de chœur, du pain, du vin, des carpes farcies et du méchoui. C'était là des danses, des chants en yiddish, en arabe et en polonais, bien sûr.
Le petit est né un soir de Noël, quand tous les restaurants et les hôtels affichent complet, dans une étable prêtée par de bons samaritains et samaritaines tontons et tontaines. Des représentants en or, en myrrhe et en encens vinrent faire leurs visites aux heureux parents, comme c'était la coutume à l'époque. D'ailleurs les historiens sont perplexes devant cette tradition et derrière aussi. Joseph et Marie qui étaient aussi riches que le plat de ma main ne leur prirent rien. Quelques bergers qui souhaitaient rentrer leurs moutons patientèrent de bonne grâce jusqu'au petit matin afin que la mère et l'enfant fussent transportables à dos d'âne. Et tous ces braves gens firent un bœuf en l'honneur du nouveau-né.
Jésus, car c'était le nom de l'enfant, grandit à Bethléem, petit village palestinien où tout le monde était déjà très occupé. Il était aimé de tous et apprenait très bien son catéchisme. Son Papa, son papa et sa maman étaient très fiers de lui. Quand il eut atteint la trentaine, Joseph lui dit qu'il était temps qu'il se démerdât tout seul, parce que lui à son âge, il y avait un bail qu'il s'était tiré de chez ses vieux. A partir de là tout est allé très vite, les mauvaises fréquentations sur le port avec des pêcheurs maladroits, la Marie-Madeleine, la vie de patachon, un jour ici un autre là-bas. Il devint rebelle aux autorités, aussi bien tutélaires que religieuses. Et on ne rigole pas avec des gars en uniformes. Jamais. Mais comprenez le trouble de cet enfant de Marie, Dieu était son père, de fait sa mère était sa fille tout en étant sa femme et aussi celle de Dieu et il était Dieu lui-même. Il était donc aussi son père, c'était Freud chez Stars War.
Il se mit à remplacer l'eau par du vin, à faire la noce et à dire partout qu'il était Dieu. La hiérarchie religieuse de l'époque n'a pas toléré la concurrence, et tout cela a bien mal fini. Jésus fit donc de la prison pour divers motifs tels que :
- Propagation de fausses nouvelles
- Exercice illégal de la médecine
- Tromperie sur la marchandise.
Il dut faire une croix sur sa carrière de prêtre mais heureusement, grâce à Dieu et à une éducation stricte, Jésus avait l'esprit sain dans un corps sain, et il mourut donc en bonne santé, entouré de tous les siens. Et rien que ça, ça en a cloué plus d'un.
Nouvelles
|
Poèmes
|
Théâtre
|
Chansons
|
|