Connectez-vous S'inscrire
   
Facebook
Twitter
Foursquare
MySpace
Netvibes
Rss
Jeudi 17 Mai 2012


Vendredi 25 Septembre 2009 - 11:20

Emily Loizeau nous emmène vers « son pays sauvage »

Nancy Jazz Pulsations 2009 : la sélection de la rédaction


par Jean-Michel Léglise



De passage au festival Nancy Jazz Pulsations, le 7 octobre prochain, à 20h30 à la salle Poirel (Nancy), Emily Loizeau, l’une des artistes les plus prometteuses de la nouvelle scène française, l’une des plus aventureuses en tout cas, revient sur son dernier album « Pays Sauvage », sorti au début de l’année, et sur ses inspirations.


De passage à Nancy pour le NJP, Emily Loizeau se produira le 7 octobre prochain à la salle Poirel. - ©LPC|JB Mondino
De passage à Nancy pour le NJP, Emily Loizeau se produira le 7 octobre prochain à la salle Poirel. - ©LPC|JB Mondino
La Plume Culturelle : Votre 2ème album, « Pays Sauvage » sonne d’une façon très différente par rapport au premier. Vous aviez confiance en vos choix au moment de la sortie du disque ?

Emily Loizeau : Je l’ai réalisé avec mes tripes et j’ai puisé toute l’énergie nécessaire au fond de moi pour le concrétiser. C’est pour cela d’ailleurs que je l’ai écrit et maquetté en solitaire avant d’inviter les autres intervenants à me rejoindre. J’avais besoin de me retrouver seule pour savoir quel genre d’album et de son je souhaitais composer. Ce fut une dimension assez vitale pour moi. Au moment de la sortie de l’album, je le revendiquais, et toujours aujourd’hui, jusqu’au bout des ongles, mais aucun doute à son sujet. Maintenant, s’il va plaire au public, on ne sait jamais. En fait nous ne nous sommes jamais posé la question !

LPC : Comment avez-vous adapté à la scène ce nouveau son ?

EL : Le disque a été enregistré avec les musiciens qui me suivent en tournée. Alors une fois que j’avais composé tous les morceaux, nous avons créé les arrangements. L’album a comme base une formation de quattuor. Ensuite, pour les duos les invités se sont greffés dessus. Au final, c’est devenu assez évident et naturel que les titres puissent être joués sur scène sans difficulté puisqu’ils ont été pensés ainsi dès le départ.

« Cet album restera une étape très importante pour moi
car il est très personnel, très intime et très intense. »

LPC :
Dans votre opus, vous chantez en français, en anglais et en créole. Pourquoi une telle diversité linguistique ?

EL : En créole, je crois que je ne chante qu’une phrase car j’ai laissé à Danyel Waro le soin de le faire plus efficacement que moi. Je suis tombée amoureuse de sa musique car on y retrouve un certain blues réunionnais qui se rapproche de ce que je voulais exprimer dans cet album. Je savais que son propre son pouvait se mélanger avec le mien dans le titre sur lequel nous chantons en duo. Il a apporté en quelque sorte sa pierre à mon édifice. Pour le français et l’anglais, j’ai été élevée depuis ma naissance dans ces deux langues et cela fait partie de mon histoire personnelle. C’est également une nécessité viscérale pour moi. Je ne pourrais me passer ni de l’une, ni de l’autre.

LPC : Pourquoi faites-vous naviguer vos textes entre l’humour et la mélancolie ?

EL : Je ne sais pas si je suis drôle, en revanche je suis quelqu’un de mélancolique.Dans ma vie j’ai traversé des deuils et des histoires qui ont laissé des traces et des fêlures qui ne partiront jamais. On rencontre tous cela à un moment de l'existence. Ce qui m’a fait tenir dans ces moments difficiles, et qui m’aide à me maintenir chaque jour, c’est cette part d’enfance que nous gardons tous en nous et qui nous fait rire, et grâce à laquelle nous pouvons nous relever. Mais c’est aussi la joie de chanter et de jouer ensemble qui m’aide. Cet album raconte des histoires que nous nous racontons entre nous et aussi celles des amis qu’on invite pour partager des moments musicaux. Il y a comme une dimension de village qui s'installe et où nous célébrons ensemble quelque chose.

LPC : En 2008, vous avez été membre du jury des courts métrages au Festival de Gérardmer. Est-ce que le monde fantastique et le monde féérique  vous inspirent également ?

EL : Depuis ma petite enfance, on m’a nourrie avec les contes et aujourd’hui, le thème m’inspire toujours énormément.  J’aime la dimension fantastique et féerique mais également le macabre, l’absurde et la bizarrerie. Je trouve que ces domaines-là permettent de parler du réel de manière assez vive.

LPC : Après  huit mois de concerts et de festivals, quel bilan tirez-vous de cette nouvelle étape dans votre carrière ?

EL : Je ne sais pas si je peux déjà en tirer un bilan. En tout cas, cet album restera une étape très importante pour moi car il est très personnel, très intime et très intense. Et puis depuis huit mois, j’ai partagé sur scène des émotions très fortes avec les musiciens. Là, par exemple, on va vivre un renouveau puisque nous étions en résidence afin de retravailler la création et je suis assez fière du résultat. La scénographie a un peu changé et nous avons accueilli  parmi nous un nouveau guitariste. J’aime modifier ou renouveler à mi-parcours des éléments du concert. Puisque nous allons tourner un an et demi voire deux ans, cela permettra de nous mettre en danger et  de vivre des surprises.

LPC : Vous êtes la petite-fille de la comédienne anglaise Peggy Ashcroft et vous avez suivi des cours de théâtre dans le passé. Vous servez vous de cet acquis, aujourd’hui, en tant que chanteuse ?

EL : Je pense que cela fait partie de moi, car évidemment, je ne pense pas à mes cours de théâtre avant de monter sur scène ! En ce qui concerne ma grand-mère, je pense à elle dans la vie de tous les jours mais pas forcément avant les concerts. C’est sûr qu’elle m’a donné l’envie de monter sur les planches et de vivre ces instants magiques quand je suis dans une troupe et que naît en moi l’esprit forain. Le classique, qui a été une passion étant plus jeune, n’était pas assez fou pour moi. J’avais envie de vivre les choses d’une façon un peu plus singulière. Alors le théâtre m’a permis de revenir à la musique sous un angle différent.

« J’ai des idées plein la tête pour le prochain album,
mais je vais prendre le temps »

LPC :
Donc, c'est grâce à votre grand-mère que vous vous êtes dirigée sur une voie artistique ?

EL : Oui tout à fait. Je pense que ma grand-mère m’a totalement inspirée et qu’elle m’a procuré une forme de fascination, d’excitation et d’envie. Ensuite, je le dois aussi à mes parents, qui s'ils ne sont jamais montés sur les planches, m’ont initiée à la fois à Schubert ou Bob Dylan et à la découverte d’expositions et de concerts. Tous ces éléments m'ont apporté une très grande richesse culturelle et m’ont aidée à évoluer.

LPC : Le soir de votre passage au festival NJP, vous partagez l’affiche avec Alexis HK. Vous qui aimez les collaborations et le partage, vous avez prévu quelque chose avec lui?

EL : Pour l’instant, nous n’avons rien prévu. Est-ce qu’un jour nous allons faire quelque chose ensemble ? Je ne sais pas, peut-être mais c’est très compliqué. Quand nous sommes en tournée, nous sommes un peu happés par le rythme et la fatigue. Alors avant de jouer un morceau conjointement, il faut le répéter en amont. Ce n’est pas toujours facile. Mais je l’aime beaucoup et j’ai hâte de le découvrir davantage sur scène parce que pour le moment, je ne l’ai que brièvement entraperçu ou croisé. Nous avons des amis communs mais nous nous ne connaissons malheureusement pas beaucoup.

LPC : Des projets ?

EL : J’ai des idées plein la tête pour le prochain album, mais je vais prendre le temps avant de les jeter en studio sous la forme d’une maquette. Et puis il y a encore un an de tournée jusqu’à l’été prochain. Sinon des demandes de BO de films qui me parviennent, que j’ai envie de réaliser et qui se concrétiseront plus tard.

A découvrir :
NANCY JAZZ PULSATIONS (36ème édition)
Du 6 au 17 octobre 2009
Le site des NJP


Notez

              


Dans la même rubrique :
< >

Lundi 19 Octobre 2009 - 08:03 Merci Linton Kwesi Johnson !


Nouveau commentaire :
Pour info :
Un modérateur est susceptible de supprimer, préalablement à sa diffusion, toute contribution qui ne serait pas en relation avec le thème de discussion abordé, la ligne éditoriale du site, ou qui serait contraire à la loi. Merci de votre compréhension.

Votre commentaire sera également publié dans le forum du site afin de lancer un sujet de discussion.

Musique | Arts & Expos | Spectacles | Littérature | Voyages | LPC, la revue | Rédaction | LPC TV | Le portrait de la semaine | Chroniques













HalleVerriere
juzaklo
brunoaltmayer
LPC57
annelaure_O
EvelyneMeyer
Helissenalain
vbk-artiste
JonathanEckly
Manigance
jmleglise
ulil
Angelys
BANDROLIEN
Jerome
olievin
Karine
MUSICROCK
juzaklo1
Camille57640
mpmazzarini
Jeremy
MDEtudiant
Hirondelles
louisreel
opetitbobourg
CorinneAuteure
lionel
gabriellem
philfestoch












La Plume Culturelle