Jeudi 27 Octobre 2011 - 10:49
Entrez dans la « Maison close » avec la « Casa Bancale »
Le groupe nancéen aux accents latino sort son deuxième album et fête ses 10 ans
En 2001, naissait la formation musicale « La Casa Bancale ». Une décennie plus tard, et après 400 concerts, le groupe nancéen revient au-devant de l'actualité avec autant d'aspirations artistiques et d'entrain. Après un EP en 2003 et un premier album en 2007, l'opus « Maison Close », dans les bacs depuis la mi-octobre, signe le retour de ces artistes régionaux. Une Casa devenue bien plus appliquée et surtout incontournable avec un style musical particulier, le ska latino.
Les membres de la Casa Bancale. De gauche à droite: J-Bat' (guitare), Luc (trompette), Antoine (clavier), Youss (trombone), Eduardo (batterie), Etienne (basse), Damos (percussions). - © LPC | Damien Vinardy
« Bancal : pas dans un moule, ni sur des rails ». A peine inséré dans le lecteur CD, « Maison close » donne le ton. Les fondations de la maison sont toujours solides, mais fort heureusement la Casa reste bancale. Avec ce premier titre, aisément nommé « Bancal », elle revendique une « appellation d'origine marginale ». Appellation qu'elle acquiert de droit tant sa musique diffère de ce que l'on connaît déjà. Car tout au long de l'album, 14 titres plus un en bonus caché, la Casa se transforme en agence de voyage. D'un pas assuré, elle emmène celui qui écoute son disque dans une promenade entre des sonorités cubaines, contrastant avec des riffs de guitare explicitement rock'n'roll, du ska jamaïcain, des cuivres au service du jazz ou du funk, et même parfois on se laisse surprendre par des remous de rap façon années 90. Le tout accompagné par des textes qui chantent la vie. Ce point figurait d'ailleurs en haut de la liste des priorités pour ce nouvel opus. Après un passé tourné vers le développement instrumental, le groupe nancéen a voulu se consacrer plus largement à l'écriture et s'engager dans la recherche du positivisme. N'y voyez là aucun engagement à proprement parler : « la politique ça fout la merde ! », tonne Luc, le trompettiste, avant de préciser : « On a tous nos convictions, mais elles diffèrent selon les personnes. Ce qui nous unit tous, ce sont les plaisirs de la vie ! »
Le choix de la musique latine
En ce sens, « El Trabajo » s'autoproclame hymne à la procrastination, au farniente et à la paresse. L'adage « Trabajo no me aprecia mucho » trouve tout son sens sur une musique latine qui nous emmène au creux d'un hamac, ray-ban sur le nez, cocktail à la main. La musique sud-américaine, Youss - tromboniste - la découvre avec Eduardo - le batteur - en 2004, dans un cours de salsa à Nancy. S'ensuit alors une recherche assidue dans ce style musical qui devient très vite nécessaire à la Casa tant son univers paraît cohérent avec celui du ska. En raison d'abord de leurs mêmes origines caribéennes, et pour les similitudes qu'on peut leur trouver dans l'utilisation des cuivres. Le choix du ska latino apparaît donc naturel pour ce groupe de potes qui se réclame d'une démarche collégiale. « Il n'y pas de leader, pas de chanteur, pas de parolier », indique Luc, avant d'ajouter, amusé : « on fait tout ensemble. » Sur l'album, on ressent bien ce mode de fonctionnement. Le stylo passe de main en main, et chacun ajoute son grain de sel. Sur certains morceaux on peut prendre un malin plaisir à écouter Eduardo cracher dans le micro son amour pour le hip hop.« La Casa Bancale » transcende le simple groupe de musique pour s'accomplir en tant que collectif à part entière. Les gars se connaissent depuis 15 ans, ca aide. Mais pas seulement. Le travail est là. Ca s'entend. Et surtout, ca se voit.
Fiesta Bancalita
« Maison Close » a de forts accents live. Les musiques défilent et propulsent le groupe dans votre salon, votre salle de bain, ou votre cuisine. Les 14 titres sont ordonnés de sorte à rythmer le public. En concert, impossible de savoir qui de la Casa ou du CD sublime l'autre. En tout cas, « Maison Close » convient parfaitement à la scène. Tout commence dans le noir, puis le retentissement d'une musique de générique, avant que les sept trublions lorrains ne débarquent costumés. Rien ne manque à leur panoplie : chapeau haut de forme, bretelles et cravates à damiers noirs et blancs. Un des dandys invite les spectateurs : « bienvenue dans la maison close ». Les instruments s'agitent, et le concert commence. On se plaît à écouter cette musique qui, comme une latina, nous fait redécouvrir la langue française avec un accent des pays chauds. L'univers bancal s'invite au coeur de notre cage thoracique, retentit dans tous les sens, prend possession de notre corps. On se croirait presque chez des amis. Sensation d'autant plus puissante que le public est invité plusieurs fois à participer aux chants. Inutile de préciser qu'il est vivement conseillé de se rendre à une de leurs prochaines dates. Le 28 octobre au Grattoir, à Gérardmer (88), et le 3 novembre au Zèbre de Belleville, à Paris. Une soirée « Maison Close » organisée par « la Casa Bancale » promet en tout cas un joyeux bordel.
Contact et renseignements : Bar Le GRaTToiR 11 Boulevard Kelsch - 88400 Gérardmer Tél : 03 29 63 02 53 - le site Internet : legrattoir.free.fr - courriel Le concert de la « Casa Bancale » le 28 octobre 2011 vers 21h36.
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