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05 Décembre 2007

Interview : la compagnie Rouges Gorges se dévoile

Le spectacle Paris est un village, un franc succès auprès du public


La Plume Culturelle a rencontré deux des trois membres composant la compagnie Rouges Gorges qui joue le spectacle Paris est un village. Fabrice Facciponte et Françoise Markun ont bien voulu jouer au jeu des questions avec brio, bonne humeur et dans la convivialité afin que nous les connaissions un peu mieux.


la compagnie Rouges Gorges au complet : Fabrice Facciponte, Françoise Markun et Serge Laly - © LPC|RG
la compagnie Rouges Gorges au complet : Fabrice Facciponte, Françoise Markun et Serge Laly - © LPC|RG
La Plume Culturelle : Comment s’est faite la rencontre entre les membres de la compagnie Rouges Gorges?

Fabrice Facciponte : Au départ c’est l’histoire d’une grande amitié entre Serge et moi. Nous nous connaissons depuis longtemps et nous avions déjà travaillé ensemble dans le secteur de la jeunesse. Un jour, Serge a décidé de se mettre aux contes et de monter un spectacle explorant le monde de Paris, en mélangeant les genres et les styles, et notamment en incluant l’accordéon. Il faut savoir que cet instrument n’est pas né à Paris mais que la capitale se l’est approprié. Alors comme je suis musicien et que j’en jouais, Serge m’a tout naturellement proposé de le rejoindre. Puis nous avons cherché une chanteuse et nous avons trouvé Virginie en 2001. Malheureusement pour nous, Virginie a décidé de laisser de côté le spectacle pour jouer au théâtre en tant que comédienne. Alors il a fallu recruter une autre personne et Françoise a accepté de nous rejoindre. Il faut dire que je la connaissais et que nous travaillions à cette époque sur un autre projet musical.

LPC : Pourquoi avoir appelé votre compagnie Rouges Gorges ? Y-a-t-il une signification particulière ?

Françoise Markun : On aime bien quand c’est un peu rouge (rire) et surtout lorsque les idées auxquelles ont croit le sont tout autant.

FF : Oui c’est un peu notre couleur, c’est un peu vers là qu’on va. Par exemple, dans notre spectacle, il y a une chanson de Renaud qui raconte l’histoire des bourgeois qui s’emparent des villes et chassent les pauvres dans les banlieues. Et comme on aime particulièrement cette mélodie et que nous chantons grâce à nos gorges, on s’est dit « pourquoi ne pas introduire un parallèle entre les idées rouges et nos gorges de chanteurs. » Cela semblait logique et bien.

LPC : L’idée de monter un spectacle sur un Paris imaginaire et populaire, mêlant contes, chansons et poèmes, comment vous est-elle venue ?

FF : Françoise n’était pas encore avec nous à cette époque. Tout à commencé lorsque Serge a eu l’envie d’explorer un univers urbain et pas forcément moderne comme New-York. Paris a une autre histoire, bien plus ancienne, et donc on peut trouver dans la naissance de la capitale l’évolution de la société. Pour ma part, j’avais vraiment envie de faire apparaître un élément supplémentaire, celui de la marginalité dans Paris. Par exemple, on dit que Paris est la ville la plus riche de France et par conséquent celle où il y a le plus de pauvres. De cette façon nous abordons des sujets qui nous intéressent, en particulier le thème de la pauvreté.

LPC : Mais les caractéristiques que vous avez développés sur Paris, n’auriez-vous pas pu les retrouver dans une ville comme Metz ou Nancy ?

FM : Oui mais en même temps, Paris a pratiquement les mêmes caractéristiques que les autres villes de France, avec même une histoire peut-être encore plus ancienne ; et puis on retrouve un petit quelque chose de chaque ville dans Paris.

FF : Paris c’est un peu la quintessence des villes ; en même temps si je demande à quelqu’un de citer trois capitales ou trois grandes villes dans le monde, il citera Paris comme New-York ou Londres. D’ailleurs Serge m’a raconté une anecdote sur Paris : lorsque la capitale a été libérée en 1944, les cloches des églises ont sonné de Rio de Janeiro à Jérusalem, car la libération de la ville revêtait pour les gens une grande importance.

LPC : En découvrant votre spectacle, on a l’impression que vous avez la nostalgie d’un Paris disparu. Alors est-ce une rencontre ratée avec la capitale lorsque vous étiez plus jeune, ou bien désirez-vous « posséder » Paris à chaque représentation, et en supprimant les inconvénients de la vie parisienne ?

FM : On n’utilise pas le mot nostalgie. Et d’ailleurs cela a été l’objet de plusieurs débats entre nous, cette nostalgie d’un Paris ancien. Il est vrai que très souvent, le public fait l’amalgame : en venant voir Paris est un village, il s’imagine qu’il va entendre les vieilles chansons de Paris. Et pas du tout ! Aujourd’hui, il y a des gens qui vont à Paris pour visiter les égouts ou les catacombes. Eh bien ! Le spectacle, c’est nos égouts et nos catacombes à nous… (Rire) Bon, l’image comme je vous la présente ne donne pas au spectacle une note très reluisante ; mais nous essayons d’explorer une autre facette de Paris. Si par exemple on est à Belleville-Ménilmontant, on va y mettre en valeur plutôt le monde ouvrier d’autrefois, car de nos jours les ouvriers ont été envoyés dans les banlieues et il ne reste plus rien d’eux au centre de la ville. Cela ne veut pas dire que nous soyons nostalgiques de ce Paris-là. Nous proposons juste un tableau coloré, centré principalement sur le Paris que nous connaissons avec ses habitants d’aujourd’hui.

FF : On n’oublie jamais de préciser au début du spectacle qu’on accueille les gens dans un imaginaire parisien qui est le nôtre. Mais d’une façon générale c’est assez rare que des personnes plus âgées viennent nous voir en nous disant qu’elles auraient aimé entendre Les escaliers de la butte… par exemple. Ce que nous recherchons, c’est des chansons qui ne parlent pas de la capitale car nous n’avons pas besoin de chanter Paris pour parler de Paris ! La nuance est là !

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Jean-Michel Léglise



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