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Mercredi 05 Mars 2008 - 12:00

Isabelle Chaigne : '' Il manquait ici, dans le passé, un petit maillon pour le repérage de talents ''.

La première scène de musiques actuelle de Lorraine au service des artistes.


Isabelle Chaigne, l’actuelle directrice de l’Autre Canal à Nancy, nous ouvre les portes de l’unique scène musicale actuelle de Lorraine. Elle revient avec nous sur les différentes étapes du projet et la vocation de l’établissement public dans le domaine culturel, mais également sur le bilan de la première année écoulée.


Isabelle Chaigne, la directrice emblématique de l'Autre Canal - © LPC|CT
Isabelle Chaigne, la directrice emblématique de l'Autre Canal - © LPC|CT
La Plume Culturelle : On connaît l’Autre Canal pour sa programmation de concerts de musique actuelle. Quelles sont ses autres missions ?

Isabelle Chaigne : La mission première d’une structure comme la nôtre est, d’une part, d’aider les formations musicales dans leur parcours de création, de répétition, de communication, de mise en place pour la scène et de leur proposer des outils dans la diffusion de leurs œuvres. D’autre part, d’accompagner les groupes régionaux afin qu’ils puissent être repérés par des tourneurs au niveau national. Enfin, de leur faire prendre conscience que s’ils évoluent dans un secteur à la fois artistique et économique, il ne faut jamais perdre de vue cette double considération, sinon c’est la catastrophe. Nous avons aussi une vocation de diffusion qui nous permet de dispenser une écoute attentive et bienveillante aux formations locales ainsi qu’auprès d’artistes nationaux et internationaux, et notre sélection s’opère en fonction de l’éclectisme, de l’innovation, ou de la notoriété des artistes, de tout ce qui draine du public.

LPC : Comment se fait-il que l’Autre canal soit l’unique structure publique de la scène musicale actuelle en Lorraine ?

IC : La Lorraine a été très en retard par rapport aux autres régions françaises. On peut dire que c’est l’Ouest de la France qui est le plus riche avec de nombreuses scènes musicales actuelles, même s’il reste beaucoup à faire. Le parent pauvre, ça a été globalement l’Est, même s’il existe des lieux emblématiques comme la Cartonnerie à Reims, la Laiterie à Strasbourg ou le Noumatrouff à Mulhouse. Quant à la Lorraine, son retard colossal était relativement criant. Pourtant lorsqu’on vient dans la région, on s’aperçoit qu’il existe un réel potentiel de groupes, dotés de très nombreuses esthétiques différentes, plutôt bons, et qu’il a manqué ici, dans le passé, un petit maillon destiné au repérage des talents.

LPC : A quoi est dû ce retard dans notre région ?

IC : A mon avis, d’une part, à une prise en compte tardive de ce secteur par les hommes politiques en Lorraine, et d’une façon générale dans l’Est de la France, mais d’autre part, je pense, également à des soucis économiques. Le chômage et le déclin puis l’effondrement de la sidérurgie n’ont pas aidé, et dans ces situations de crise, la mise en place de scènes musicales n’était pas la priorité. Et puis peut-être que les acteurs de la musique actuelle n’avaient pas assez d’écho, ou ne présentaient pas suffisamment de revendications à ce moment-là. Enfin, il ne faut pas oublier que le département de la musique actuelle dépendait jusqu’en 1994 du Ministère de la jeunesse. Ça ne rentrait pas dans le champ de l’art, c’était plutôt le domaine des jeunes. Pour schématiser, on se demandait avant tout comment les occuper avec de la musique, et celle-ci n’était pas un sujet qu’affectionnaient les politiques lors des réunions ministérielles. Dès lors qu’en 1995, la musique actuelle est rentrée dans le giron du Ministère de la culture, les élus, je parle au niveau national, ont commencé à en débattre et à en discuter. Il leur a fallu du temps pour s’approprier ces nouveaux aspects culturels et les mettre en œuvre.

LPC : Vous êtes originaire de Poitiers. Qu’est-ce qui vous a motivée pour venir en Lorraine diriger l’Autre Canal ?

IC : Ma venue en Lorraine est d’abord un hasard. Initialement, on m’avait invitée en tant qu’experte de musiques actuelles dans un jury, afin de recruter une personne comme chef de projet pour la réalisation du Centre régional des musiques actuelles (l’Autre Canal). Mais à la fin des entretiens, le jury n’a retenu personne. Ensuite, on m’a sollicitée pour le poste. J’ai tout de même réfléchi avant de venir dans la région car j’avais d’autres responsabilités à Poitiers au Confort Moderne, et je ne cherchais pas de travail. Mais comme tout était à faire dans ce projet et que les acteurs politiques locaux ou nationaux n’y croyaient pas vraiment, - nous étions en période électorale pour les municipales de 2001-, mais néanmoins se posaient les bonnes questions, je me suis dit que je pouvais servir à quelque chose. Pour que cela m’intéresse, il faut qu’il y ait un enjeu et que je sois utile à un projet, sinon ça ne va pas. Ce qui me fait fonctionner ?… les challenges, c’est ce qui me plaît et me motive !

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Jean-Michel Léglise



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1. Posté par Chabal le 14/03/2008 17:52
Quelle modestie dans ces propos !!! Je suis consterné qu'il n'est fait aucune référence au milieu associatif qui se bat tous les jours et ce depuis plusieurs années pour faire exister les musiques actuelles dans notre belle région. Il faut savoir que la pluspart des acteurs locaux ne font pas partie de L'Autre Canal mais qu'il a été mis en place par la direction une équipe venant des 4 coins de la France et surtout pas de Nancy ou de la région ! Par manque de confiance et de reconnaissance des acteurs locaux ? Difficille d'imaginer que la majorité des financements qui ont permis la création de cet établissemnt soient locaux alors qu'aucun membre de l'équipe ne fut recruté localement.
Prétendre que depuis la création de L'Autre Canal c'est enfin le chainon manquant aux groupes d'exister et de se développer c'est oublier tout le travail fait par toutes les structures associatives ou non qui le font depuis des années .... avec des bouts de ficelles et aucun financement public (contrairement aux 1,2 millions d'euros versés par les collectivités chaque année à L'Autre Canal). Il y avait tout autant de concerts et de groupes en évolution bien avant la création de ce batiment !
Oui cet outil était indispensable et dans sa conception plutot réussie.
Non l'autre canal ne peut etre considéré comme le chainon manquant !
Il s'agit plutot de réunir toutes les "actions culturelles musicales" dans un même lieu et chapeauté par les pouvoirs publics pour mieux les cerner et les diriger.
Ne soyons pas dupe il faut savoir reconnaitre les défauts de ce type de structure telle qu'elle est gérée et ne pas ensenser aveuglément.
Ce lieu est essentiel mais ne doit etre l'objet d'une centralisation culturelle au service des pouvoirs publics.
Ces propos n'engagent évidemment que son auteur et son par conséquent subjectifs.

2. Posté par brunier olive 0687262234 le 27/08/2008 22:10
un petit bonjour de ton "ex president"'!!!
pense souvent à toi
les levy kolpak partent au JAPON chez SARAH DES

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