Jeudi 25 Février 2010 - 12:30
La Grande Région regarde le cinéma polonais
Trois films diffusés sur trois semaines, dans trois pays et des invités qui débattront avec le public après la projection.
Curieux de nature, vous souhaitez vous laisser surprendre, vous éprouvez de l'intérêt pour le cinéma étranger ? Regards sur... est un projet transfrontalier fait pour vous ! A cheval entre le Luxembourg, la Sarre et la région Lorraine, trois projections de films, suivies de débats, vous seront proposées jusqu’à la mi-mars. Pays de destination : la Pologne.
Pour cette 3ème édition, Sarreguemines pilote le projet et Patrick Giessberger, directeur de l'Université Populaire Sarreguemines Confluences, est l'un des organisateurs. - ©LPC|ML
Du dimanche 28 février au dimanche 17 mars, dans plusieurs salles de la Grande Région, seront proposés des films contemporains polonais. Choisis avec soin et répondant à trois thématiques bien spécifiques, diffusés en version originale avec sous-titrage, ils permettront de découvrir une cinématographie étrangère. Quant aux débats qui suivront la séance, ils faciliteront la compréhension de ce cinéma, en apportant - si tant est que cela soit nécessaire - les dernières clés pour en saisir toute la profondeur. Regards sur... en est à sa 3ème édition et les rendez-vous ont lieu à Sarreguemines, Longwy et Thionville, Esch-sur-Alzette et Saarbrücken. C'est Patrick Giessberger qui a opéré la sélection des films, il est surtout - en tant que directeur de l’Université populaire Sarreguemines Confluences - l’un des organisateurs. La Plume culturelle l’a rencontré car ce projet est avant tout transfrontalier et comme le disait Laurent Hénart, dans une interview que vous pourrez prochainement découvrir sur notre site, « les acteurs culturels bougent souvent plus vite que les collectivités ». Pour le directeur, Regards sur... repose d’abord sur un traité moral : « trois films, trois semaines et des invités qui accompagnent le film et tournent dans toutes les villes partenaires », malgré cette double difficulté qui tient à la forme même du projet, celle de « trouver des films contemporains riches, intéressants, dotés d'un sous-titrage de qualité, et d'assurer la présence d'au moins un invité par film ».
La genèse du projet
2007, Luxembourg et Sibiu en Roumanie sont désignées capitales européennes de la culture. Pour le Grand Duché du Luxembourg qui entretient des relations privilégiées avec la Transylvanie depuis le 18ème siècle, l’occasion est trop belle de communiquer sur la « Belle Roumanie ». De nombreux projets verront le jour, parmi lesquels la découverte d’une culture à travers son cinéma : le festival Regards sur... est né. Les partenaires se sont ainsi retrouvés en 2009 pour une projection de trois films finnois en Lorraine et au Luxembourg. Après la Kulturfabrik d’Esch-sur-Alzette, c’est la municipalité de Thionville qui a organisé l’événement l’an passé. Et nous voilà en 2010, cette fois c’est Sarreguemines qui pilotera le projet. Un projet ambitieux qui mérite le terme de « festival » même si Patrick Giessberger, directeur de l’Université populaire Sarreguemines Confluences, tempère : « personnellement, je ne suis pas pour l’appellation festival car la manifestation se limite à la projection de trois films », avant de rajouter :« toutefois, c’est un événement transfrontalier unique qui, à ce titre, mérite une attention particulière ». Et les partenaires qui participeront à l’aventure sont nombreux : Kulturfabrik, cinéma La Scala et municipalité de Thionville, Utopolis de Longwy, cinéma Le Forum de Sarreguemines, ville de Sarreguemines, médiathèque communautaire Sarreguemines Confluences, et Université populaire Sarreguemines Confluences. Grande nouveauté pour cette 3ème édition, la participation du Land de la Sarre, plus précisément du Kino 8 1/2 qui diffusera deux des trois films sélectionnés et de la Volkshochschule Regionalverband Saarbrücken. A priori donc, un événement qui est appelé à se développer dans le futur.
Pourquoi et comment la Pologne
Les réalisateurs qui seront présentés au public font partie de la nouvelle génération des cinéastes polonais. Et Patrick Giessberger de confirmer : « ce sont des gens à suivre, les films qui seront projetés ont d’ailleurs reçu de nombreux prix ». Conte d’été polonais raconte l’histoire d’un petit garçon élevé par sa grande sœur dans une famille sans père, et qui se fabriquera un monde de ficelles où tout deviendra possible, jusqu’à ce jour où il croisera à la gare un homme qu’il pense être son père. Damien Ul, le petit garçon aujourd’hui adolescent, a reçu le prix du meilleur acteur au Festival de Tokyo. Regards sur... permet donc de découvrir un cinéma étranger dont les grands noms comme Munk, Wajda ou Polanski laissent penser que la Pologne abrite nombre de talents et de potentiels. Les autres années, les contacts se sont établis par le biais d’institutions culturelles ; cette année, Patrick Giessberger à qui est revenu la lourde tâche d'opérer la sélection, s’est rendu en Pologne et c’est grâce à un contact personnel que des liens se sont noués avec notamment la société Tor Studio (réputée en Pologne mais aussi à travers toute l’Europe). Le cinéma polonais est un cinéma riche, d’auteurs - ne serait-ce que parce qu’il est différent de ce que nous connaissons. Regards sur... est typiquement le genre de manifestations qui s’adresse aux curieux de nature, qui ne rechigneront ni devant des films en version originale, ni devant les sous-titrages, et qui s’enthousiasmeront au contraire de la beauté d’une langue qui ne leur est pas familière, d’une qualité de jeu d’acteur, ou d’un univers cinématographique différent.
Echange et ouverture
Le film de la 3ème semaine, Les raies, intimiste, raconte les tortures morales que s’inflige, parce qu’il a connu une enfance stricte et un père autoritaire, un homme indépendant, renfermé et ambitieux. Le Conte d’été polonais, projeté en deuxième semaine s’adressera davantage à tous les publics, tandis que le film d’ouverture, Hors-jeu, mettra lui bien en évidence la dimension sociale du cinéma polonais en contextualisant l’histoire dans une société et ses drames. Chaque projection s’accompagnant d’un débat, libre à chacun de poser des questions, d’approfondir des thématiques, de développer des interrogations. Généralement, la séance se passe de la manière suivante : l’invité se présente et revient sur scène après la projection pour parler de son film et engager le débat. Les films polonais qui seront projetés dans les trois pays partenaires sont d’autant plus intéressants qu’il s’agit certes de films récents mais en fin de diffusion ; le film a déjà été primé et reconnu, les invités ne sont pas en campagne de promotion, la démarche des réalisateurs - ou acteurs - n’est donc pas la même que pour un film qui viendrait de sortir. Enfin les modalités de ce festival obligent le public à se laisser porter par une autre culture puisque les films sont diffusés en version originale, avec sous-titrage français et qu'il est demandé aux invités de parler dans leur langue d’origine. Patrick Giessberger s’en explique : « c’est tellement mieux de parler en VO ! L’an passé écouter du finnois pendant une heure, c’était formidable. Le débat en polonais (avec traducteur, rassurez-vous !) doit réaliser une continuité, on découvre un cinéma, mais aussi une langue, une culture ». Si les films sont des invitations au voyage, idéalement, conclut Patrick Giessberger, « le plus serait que le public puisse assister aux trois films car, pour l’avoir constaté sur les deux précédentes éditions, le public qui a tout vu est davantage apte à cerner les aspects d’une culture cinématographique, à faire des rapprochements, indéniablement, il y a quelque chose qui se passe».
Regards sur le cinéma polonais du 28 février au 17 mars 2010 Programme : Hors-jeu (The offsiders), en présence de Kasia Adamik, réalisatrice -dimanche 28 février à Sarreguemines (20h) -lundi 1er mars à Esch-sur-Alzette (20h30) -mardi 2 mars à Longwy (20h30) -mercredi 3 mars à Thionville (20h30) Un conte d'été polonais (Tricks), en présence de Damien Ul, acteur -lundi 8 mars à Sarreguemines (20h) -mardi 9 mars à Esch-sur-Alzette (20h30) -mercredi 10 mars à Longwy (20h30) -jeudi 11 mars à Thionville (20h30) Les raies (The welts), en présence de Magdalena Piekorz, réalisatrice, et de Wojciech Kuczok, scénariste -samedi 13 mars à Saarbrücken (20h) -dimanche 14 mars à Thionville (20h30) -lundi 15 mars à Sarreguemines (20h) -mardi 16 mars à Esch-sur-Alzette (20h30) -mercredi 17 mars à Longwy (20h30) Deux films seront également projetés à la médiathèque communautaire à Sarreguemines les mardis 2 et 9 mars (20h) Et projection au Kino 8 1/2 de Saarbrücken, du film Katyn d'Andrzej Wajda (VO et ST allemand) les 7 et 9 mars (20h)
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