Mardi 10 Janvier 2012 - 10:54
La belle « Life » des Yupps
Le trio transforme l’essai avec son deuxième EP
Après le très remarqué « Ground Zero », le groupe messin The Yupps récidive avec « Life », un nouvel EP aux tonalités plus rock, sorti en novembre dernier. Un second opus qui permet à Thomas, Maximilien et Jean-Manuel de gagner la reconnaissance du milieu professionnel. Une quatrième recrue, Driss, viendra sous peu grossir les rangs du trio qui espère bien continuer sur sa lancée.
De gauche à droite : Thomas, Maximilien et Jean-Manuel seront bientôt rejoints par Driss (au premier plan) - © LPC | Elodie Hermès
Ils ont la mèche rebelle et la panoplie vestimentaire des jeunes de leur âge, mais il ne faut pas se laisser abuser par leurs visages juvéniles. Si Thomas, Maximilien et Jean-Manuel ne totalisent pas 70 ans à eux trois, ils ont déjà derrière eux 4 années d’expérience. A leur actif, de prestigieuses premières parties, comme Eiffel et BB Brunes ou la finale RTL2 Pop Rock Tour au côté de Thomas Dutronc. Un beau parcours pour ce groupe originaire de Metz qui a su séduire un large public. « Nos fans sont majoritairement adolescents », explique Jean-Manuel, dit J-Man. « Cependant la tranche des 30-40 ans constitue une part de plus en plus importante de notre public. Ceux-là retrouvent dans notre musique les sonorités qu’ils ont écoutées dans leur enfance », précise le jeune bassiste. Plusieurs enregistrements en studio ont permis aux Yupps d’acquérir une expérience et une maturité qui se ressentent dans leurs nouvelles compositions. Les trois compères cherchaient à recruter un quatrième membre pour agrandir leur champ de possibilités musicales. Ce sera chose faite prochainement avec Driss, un ami du groupe, qui officiera à la guitare et au clavier.
Des titres plus affirmés
Si le premier disque, « Ground Zero », apparaissait comme un best-off des premières années d’existence du groupe, le second opus, « Life », sorti en novembre dernier, se veut plus abouti : « le contenu est plus homogène, on a pu façonner notre musique comme on la ressentait », souligne Jean-Manuel. Et Maximilien, le batteur, de renchérir : « les titres sont moins pop et plus bruts, avec une violence insinuée qui s’exprime plus à travers le texte que par la musique. Certains passages sont plus mécaniques et plus froids que dans le disque précédent. » Un vent de fraîcheur voulu par le trio et qui, loin de desservir le son rock qui a fait leur succès, accroît l’efficacité de leur musique. « Chaque membre a pu apporter ses influences personnelles, on a pu aller vers des choses que chacun aimait », continue Jean-Manuel. Seules 7 pistes soignement sélectionnées composent le disque : « le format EP circule plus facilement et est plus agréable à écouter qu’un album complet, surtout quand un groupe est peu connu », analyse Jean-Manuel. « Et puis, ça permet de ne mettre que le meilleur. » Leur thème de prédilection n’a pas beaucoup changé, il a, comme eux, évolué : « les filles, toujours ! », clament-ils en chœur. Le passage de l'adolescence à l'âge adulte constitue pour eux une étape charnière, qu'ils traversent actuellement : « c'est la raison pour laquelle l’EP s’intitule « Life » : il parle de ce qui nous concerne », conclut Maximilien.
Une envie d'international
« Life », un titre épuré, simple, comme les paroles de leurs textes. Et la langue de Shakespeare, toujours, pour s’exprimer : « l’anglais est une langue faite pour la musique », explique Thomas, le chanteur du groupe. « Il nous serait impossible de réinterpréter nos compositions en français, ça ne passerait pas. Et puis, ce n’est pas dans notre culture musicale. » Plus Interpol et Phoenix, dont ils envient la carrière outre-Atlantique, que Noir Désir, ils rêvent de bourlinguer hors des frontières de l’hexagone, les Etats-Unis dans leur ligne de mire : « on préférerait marcher à l’étranger plutôt qu’en France », avoue Jean-Manuel. « Ici, il n’y a pas de place réelle pour le rock indépendant. Tout passe par les majors du disque. » Le public, lui, a largement adhéré à cette pop énergique à la sauce anglo-saxonne. Une reconnaissance qui confère aux Yupps la légitimité qui leur faisait défaut à leurs débuts. Cette confiance nouvellement acquise permet au groupe de négocier des cachets plus importants, garants du financement de leurs albums : « réaliser un EP coûte beaucoup d’argent, entre 5 000 et 6 000 euros. Heureusement, nos partenaires nous soutiennent », précise Jean-Manuel. Les trois amis commencent d'ores et déjà à se pencher sur de nouvelles compositions, réunies dans un troisième disque qui devrait sortir à la fin de cette année. En attendant, plusieurs festivals et une tournée sur les lignes d'IdTGV dans toute la France sont programmés. De quoi conquérir à vitesse grand V un public encore plus vaste.
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