Mercredi 6 Avril 2011 - 12:48
La météo des concerts en Lorraine
Il faut de tout pour faire un joli printemps. Avec des papys, des poppys, des primevères nées de la hype et des ex-punk repenties : avril s'annonce plutôt varié et bien tempéré.
Mell en première partie de Nina Hagen le 22 avril 2011 au 112
12/4 - Enfoirés d'Anglais
Piteusement repris par les Enfoirés, le plus grand succès de Status Quo en France, In the army now, était déjà à l’époque une reprise des frères Bolland, affreux duo de producteurs néerlandais, notamment coupables d’avoir écrit des chansons pour Samantha Fox. Pourtant, le succès de ces Anglais sexagénaires, c’est au boogie rock qu’ils le doivent. Du boogie-rock qui tâche, sans aucun génie, mais balancé à la face du monde avec une telle énergie qu’il a longtemps tout emporté sur son passage. Alors, s’ils se sont de temps à autre compromis dans une pop fadasse ou dans des reprises version techno de certains de leurs plus grands tubes, ils restent un modèle de longévité et la preuve qu’on peut, avec trois accords et les cheveux longs, faire bouger les foules. Même retraitées. Indice de confiance : 3 sur 5
14/4 - Concert du mois
Cela fait bientôt dix ans maintenant que Syd Matters, emportés par le délicat Jonathan Morali, construisent l’une des œuvres les plus passionnantes du paysage musical français. Le grand public ne s’en rend pas forcément compte, car Christophe Maé s’emploie en parallèle à le détruire. Bien heureusement, le socle est résistant. Il faut dire que Syd Matters doivent depuis le début davantage à Nick Drake et Radiohead qu’à Johnny Hallyday et Dove Attia. Ce qui situe déjà le niveau d’exigence du groupe. Et après avoir, au fil de leurs trois premiers disques, resserré le propos d’une pop mélancolique autour d’arrangements de plus en plus minimalistes, ils sont récemment revenus avec un disque plus ouvert mais toujours aussi mélodique, presque joyeux. Faisant donc la promesse de concerts intenses et chaleureux. On y croit fort. Rendez-vous est pris à l’Autre Canal. Indice de confiance : 4 sur 5
16/4 - Irish blood, Irish Heart
The Popes n’est plus le groupe post-Pogues de Shane McGowan. Le célèbre Irlandais navigue toujours à vue entre alcool, chanson et prison et l’on ne sait jamais trop sur quelle case le sort va le laisser. Et si on l’entend quand même un peu « chanter » sur leur dernier album en date, The Popes est désormais bien le groupe d’un seul homme, également échappé des Pogues, le bien nommé Paul McGuinness. Le bonhomme y exorcise les mêmes démons (drogue, alcool, prison) d’une voix plus rocailleuse que Tom Waits s’époumonant en haut d’une montagne d’Ecosse, mixant avec rage punk, rockabilly, country et indéboulonnables influences celtiques. C'est tout naturellement Chez Paulette, près de Toul, que ça se passe et que ça se danse. Indice de confiance : 4 sur 5
20/4 - Le bénéfice du doute
S’il est difficile de voir en elle autre chose qu’une nouvelle tentative, de la part des maisons de disque, de surfer sur la vague encore chaude du revival soul initié par la pauvre Amy Winehouse, essayons d’accorder à Selah Sue le bénéfice du doute. Prince et Keziah Jones l’ont invité à faire leurs premières parties en 2010 ? Ok, pas mal. Elle a fait un duo avec Ben l’oncle Soul dans Taratata ? Bon. On est en France, on fait ce qu’on peut. Mais bof. Elle se revendique de Lauryn Hill ? Admettons. Mais dans le genre, il y a quand même des références plus glorieuses. Sa coupe de cheveux ? Ah ben une bonne choucroute, comme Amy. Mais blonde. Tout cela suffit-il pour convaincre ? En tout cas la presse à l’air conquis, et le public semble suivre. Reste à vérifier sur scène. En l’occurrence aux Trinitaires, décidément très sujets à la hype en ce moment. Indice de confiance : 3 sur 5
21/4 - Irréductibles incognito
Et encore un groupe qui tisse, sans que personne ne prenne la peine d’en informer le grand public, une discographie presque sans faute depuis plus de quinze ans. Deerhoof, moins hype que Blonde Redhead avec qui ils partagent pourtant la dimension américano-japonaise (une chanteuse-guitariste chez Blonde Redhead, une chanteuse-bassiste chez Deerhoof) et l’héritage de Sonic Youth, ont au moins autant de talent. Et une incroyable collection de chansons à leur actif, tour à tour pop rock ou groovy, toujours pleines de candeur et de recherches sonores. Des irréductibles qui passent par les Trinitaires. Ce serait bien qu’ils n’y passent pas incognito. Indice de confiance : 4 sur 5
22/4 - Dieu est parmi nous
Difficile de savoir à quoi s'attendre ce soir au 112. Nina Hagen n'est plus l'icône punk de la fin des années 70 et Dieu a clairement pris le pas sur les extra-terrestres dans sa vision, très personnelle, des raisons pour lesquelles nous vivons en ca bas monde. Résultat des courses, son dernier album en date, sorti l'an passé, est un recueil de bondieuseries "countrysantes" où elle reprend notamment "Personnal Jesus" de Depeche Mode. Où elle dit aussi qu'elle se réincarnera. Ca, ce sont ses restes de boudhisme. Bref. On peut se poser des questions. Mais puisqu'en première partie il y aura la chouette Mell, vous pouvez tenter le coup. Dieu sait ce qui peut arriver. Indice de confiance : 3 sur 5
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