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Jeudi 17 Mai 2012


Lundi 11 Octobre 2010 - 07:01

La monde du jeu vidéo, la chronique

Chronique du mois d'octobre 2010


par Guillaume Perrin



Chaque mois, notre journaliste joue, analyse et commente pour vous cinq nouveaux titres de l’actualité du jeu vidéo. Affûtez vos pads et autres manettes avec ou sans fil, quand il joue, c’est du sérieux.


La monde du jeu vidéo, la chronique

La monde du jeu vidéo, la chronique
Playstation Move
Après quelques hésitations (cf. le prototype de manette-boomerang avant la sortie de la PS3, le Sixaxis mal exploité), Sony a fini par se lancer dans la bataille du motion-gaming (jeu en mouvement). Et s’il y a une maxime qui colle bien à cette guéguerre, c’est celle attribuée à Antoine Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Microsoft, avec Kinect, reprend et améliore le principe de l’Eye Toy, développé par Sony, et Sony reprend le concept de la Wii Remote. En effet, il paraît impossible de ne pas penser à la télécommande créée par Nintendo lorsqu'on voit la nouvelle trouvaille de Sony en action. Mais le principe de fonctionnement diffère quelque peu entre les deux sociétés : chez « Big N », le capteur de mouvement consiste en une barre fine détectant la position de la manette sur 3 axes via un système infrarouge, sur plusieurs points. Sony a quant à lui peaufiné son concept de webcam pour le transposer au repérage du « motion controller » dans l’espace. Dans la théorie, cela promet une fluidité accrue et un temps de latence moindre par rapport à la Wii, sans oublier la beauté du jeu en haute définition, mais la lumière et la couleur de l’environnement (murs de couleur vive, vêtements de couleur similaire à la DEL d’une manette) peuvent se poser en limites du système optique, même si cela représente une minorité de situations. Côté matériel, la manette principale comporte huit boutons d’action, dont sept de la Dual Shock 3 plus un bouton « Move ». Vient s’y greffer un périphérique de navigation, sur lequel on peut trouver un stick analogique, deux gâchettes analogiques, une croix directionnelle et trois boutons d’action. Évidemment, une flopée d’accessoires devrait envahir les rayons des magasins d’ici peu : on peut déjà se procurer un pistolet dans lequel on peut ranger le « PS Move » ou encore une station de rechargement pour redonner un peu de pêche à la batterie (au lithium) de la bête. Enfin, concernant les jeux disponibles au lancement de la manette, rien de bien croustillant. Autant le dire tout de suite, les premiers titres devraient vous distraire l’espace de quelques soirées grand maximum, le temps de laisser place aux vrais jeux. Parmi eux, Sports Champions et Start the Party ! s’affichent clairement comme les ambassadeurs de cette nouvelle façon de jouer sur PS3. Le premier est un « Wii Sports-like », à savoir une compilation de mini-jeux de sport, rassemblant sur la même galette des duels à l’épée, du frisbee-golf, du tennis de table, du beach-volley, du tir à l’arc et de la pétanque. Bref, rien de bien transcendant, le but est de se faire la main entre amis. Pas très beau ni très original en apparence, le jeu remplit bien ses fonctions apéritives et donne envie de voir ce que le PS Move a dans le ventre. Start the Party !, quant à lui, est nettement plus anecdotique, à l’instar d’un Wii Play par exemple. Quelques mini-jeux (peinture, coiffeur, avec option photo et enregistrement vocal) et puis s’en va. Un petit bilan : si l’aspect matériel a déjà convaincu ceux qui l’ont essayé, il ne reste plus qu’à attendre que Sony et ses studios third-party développent les jeux qui pourront exploiter tout le potentiel de cette manette qui, sans être une révolution, pourrait bien achever de démocratiser le jeu en mouvement.

Date de sortie :
15 septembre 2010.
Disponible sur :
Playstation 3.

La monde du jeu vidéo, la chronique
Halo Reach
Quatrième épisode de la lignée des Halo, Reach est la sublime conclusion d’une série qui aura fait de Microsoft un éditeur de jeux vidéo à part entière. Cet ultime chef d’œuvre met en scène une poignée d’humains faisant de la résistance face aux redoutables forces Convenant, combattant sur la planète Reach, dernier rempart pour l’humanité. Malheureusement, pour ceux qui connaissent bien l’univers de Halo, ce combat est déjà perdu, quoi que vous fassiez. L’impuissance du héros est au centre du jeu, en particulier lors de séquences de destruction magistralement orchestrées. Tout cela participe donc à un changement d’ambiance dans la série : ce « prologue final » (l’histoire de Reach se déroule avant les événements du premier épisode, Combat Evolved) possède une atmosphère nettement plus sombre, plus pesante, plus mature. Question gameplay, l’aspect bourrin est toujours aussi présent lors des fusillades -pas de régime sans plomb malgré l’aspect dramatique du jeu ! - même s’il faudra jouer de finesse lors de la récupération de mods, ces parties d'équipement conférant un pouvoir particulier au héros (Carapace, Camouflage, Sprint et Bulle curative), un peu comme dans Crysis, la différence résidant dans le fait de ne pouvoir transporter que l’un d’entre eux à la fois. Court mais intense, le mode solo vous fera passer par toutes les émotions au cours de 10 chapitres d’une durée moyenne d’une heure chacun, ce qui est un poil court dans l’absolu mais tout à fait dans la moyenne des jeux du genre. Et il ne faut surtout pas oublier l’excellent mode multijoueur, très complet et quasi entièrement paramétrable : déjà exemplaire dans les opus précédents, le mode multi de Reach se paye le luxe d’ajouter de nouvelles règles assez singulières, telles que le Chasseur de Têtes, un match à mort normal où chaque concurrent abattu laisse tomber un crâne, qu’il faudra amener à un point précis…qui est en mouvement, et le tout sous la menace des autres joueurs ! Pas mal. Ajoutez à cela l’éditeur de niveaux Forge, et vous obtenez un jeu qui ne risque pas de prendre la poussière pour peu que l’univers type science-fiction ne vous rebute pas. Dans cet univers, la bande-son aux tonalités hollywoodiennes épiques fait partie de ce décor magnifique, sans pour autant faire tapisserie. Le studio Bungie a pris son temps pour livrer à la communauté Halo cet épilogue grandiose, mais personne ne leur en voudra tant le jeu est soigné, depuis l’univers jusqu’à la prise en main. La série Halo est arrivée à maturité à l’heure de son extinction.

Date de sortie :
14 septembre 2010.
Disponible sur :
Xbox 360.

La monde du jeu vidéo, la chronique
Metroid : Other M
Et un nouvel épisode pour la franchise Metroid, un ! Après une traversée du désert correspondant à l’époque de la N64, la série a pris un virage radical sur Game Cube en adoptant un genre atypique, entre aventure, plates-formes et tir à la première personne. Dans ce nouvel opus, la belle chasseuse de primes Samus Aran revêt une nouvelle fois sa combinaison Varia pour blaster des pirates de l’espace et autres créatures galactiques. Mais cette fois, avec la Team Ninja aux commandes [développeurs des franchises Dead or Alive et Ninja Gaiden entre autres], le jeu prend une autre dimension. En l’occurrence, c’est un retour à la 2D qui a été opéré ici : un fort joli clin d’œil aux origines de notre belle héroïne, qui seront par ailleurs dévoilées au joueur tout au long de l’histoire, par le biais de superbes séquences cinématiques, brillamment orchestrées et très instructives, quoiqu’un peu longuettes. Voilà qui classe Other M dans la lignée des productions à réserver aux fans en premier lieu. Dans ce nouvel épisode Wii, Samus se meut avec classe et légèreté, et les commandes ont été simplifiées autant que possible. Au travers de courts instants interactifs, il est possible de passer à une vue à la première personne afin d’analyser les environs, pour trouver un objet caché ou un ennemi tapi dans l’ombre. Un procédé quelque peu lourdingue malgré son caractère singulier. Il y a toujours une pelletée de bonus à découvrir au fil des niveaux, mais bien peu d’armes parmi ceux-ci, puisque Samus se voit « bridée » contre son gré, pour une raison que je préfère vous laisser découvrir. Les fans de la série Metroid pourront se jeter sur ce jeu les yeux fermés malgré quelques petits défauts et quelques longueurs dans la narration, qui peuvent être compensées par une envie de se plonger dans le passé ténébreux de cette jolie blonde qu’est Samus Aran.

Date de sortie :
3 septembre 2010.
Disponible sur :
Wii.

La monde du jeu vidéo, la chronique
Dead Rising 2
Prenez une (grosse) poignée de zombies, un environnement fermé et un pauvre gars qui se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment, et vous aurez forcément un mélange détonant, aussi facile à rater qu’à réussir…La force de ces concepts peu originaux, c’est la possibilité d’offrir au joueur une expérience de plus en plus riche en action -parfois au détriment de la réflexion- à mesure que la technologie évolue. Comparez les versions Xbox 360 et Wii de Dead Rising premier du nom : le jeu sorti sur la console HD est nettement plus fun que son petit cousin publié par Nintendo, notamment grâce (à cause ?) au nombre de morts-vivants affiché à l’écran ! Tout cela pour dire que Capcom a tenté de tirer quelques leçons d’un premier épisode parfois techniquement bancal, même si le concept de ce survival-horror était assez plaisant. Tenir le coup pendant 3 jours dans un centre commercial infesté de zombies en les exterminant avec tous les moyens mis à disposition doit être toujours à la mode, puisque la recette a été transposée dans un Las Vegas fictif. Notre héros, ancienne gloire du moto-cross nommée Chuck Greene, est victime d’une manipulation : il est accusé d’avoir répandu un virus qui a infecté la ville de Fortune City, transformant tous ses habitants en cadavres ambulants. De plus, Chuck doit se procurer un médicament spécial pour sa fille Katey, elle aussi infectée par le vilain microbe, mais il est fauché, et doit participer à un jeu bien plus trash que la pire émission de télé-réalité imaginable. Le tout en 72 heures. Passé ce scénario assez convenu, mais suffisamment bien calé pour vous mettre un peu de pression sur les épaules, le joueur se retrouve face à un jeu techniquement correct mais loin d’être transcendant, la faute à une certaine rigidité rectale du motard découpeur de zombies, mais aussi à de méchants ralentissements pas beaux. Certes, une annonce faite en grande pompe laissait entendre que le nombre maximum de zombies affiché à l’écran passait de 800 à 7000, mais à quel prix ? Petit sacrifice de ce côté, donc. Après tout, c’est l’effet de masse qui prime, et c’est assez réussi de ce côté. La création d’armes inédites a été mise en avant par les producteurs, à l’instar de la désormais célèbre pagaie-tronçonneuse, redoutable dans les mêlées…De quoi donner envie de jouer les bricolos du dimanche. Un mode multijoueur en coopération et au travers de mini-jeux fait son apparition, et c’est un ajout bienvenu, et bien foutu, qui remplit son office en divertissant l’assistance. Même si l’équipe de développement s’est montrée frileuse/paresseuse (rayer la mention inutile), l’attente pendant quatre ans en valait la peine, et le survival-horror de masse voit en Dead Rising 2 son nouvel ambassadeur, donnant à chacun l’occasion d’exprimer son plaisir un peu coupable d’exploser des milliers de zombies, de façon purement gratuite, but avoué du jeu.

Date de sortie :
24 septembre 2010.
Disponible sur :
Playstation 3, Xbox 360, PC.

La monde du jeu vidéo, la chronique
Guitar Hero : Warriors of Rock
Les guerriers du rock sont déchaînés, et ont commandé à Activision un sixième épisode -dans la lignée principale des Guitar Hero !- en cinq ans d’existence afin d’étancher leur soif de riffs…Blague à part, malgré quelques changements esthétiques, cet opus ne bouleverse pas les fondamentaux du genre, une tradition depuis World Tour, qui avait introduit la batterie et le micro pour concurrencer Rock Band. La série garde ses partitions classiques -qui ont subi un très léger remodelage, avec des gemmes lustrées au polish- entre suites de notes diaboliques et accords vicieux. Comme d’habitude, la playlist est large : un léger retour aux sources a simplement été opéré, laissant de côté la pop mièvre et injouable -adieu Tokio Hotel et No Doubt !- pour se recentrer sur une savante alchimie entre speed/death/power/industrial métal qui sent bon dessous les aisselles (Dragonforce, Rammstein, Megadeth, Children of Bodom…) et rock glam/pop/blues/alternatif qui fait friser les perruques (Queen, Alice Cooper, Kiss, Dire Straits, Def Leppard…). Quelques 90 chansons sont proposées aux apprentis Kirk Hammett, sans oublier les centaines de pistes disponibles en téléchargement dans la boutique Guitar Hero dont se vantent volontiers les développeurs. Les quelques nouveautés viennent en premier lieu d’une nouvelle gratte. La barre de slide « spéciale solos psychédéliques » a été retirée, et il est possible de customiser ses « ailes », un peu comme les façades dans Guitar Hero III. Rien de renversant, en somme, pour ceux qui possèdent encore leur Gibson LesPaul. Mais l’ajout le plus remarquable est ce mode quête assez curieux, retraçant une légende des guerriers du rock. Pour les amoureux de la langue de Molière, cette histoire est narrée par l’inoxydable Philippe Manœuvre, dont le timbre de voix est absolument insupportable dans ce contexte. Les anglophones, eux, ont eu droit à Gene Simmons, chanteur du groupe Kiss…mais pourquoi n’a-t-on pas contacté Bernie Bonvoisin, braillard en chef du groupe Trust, pour cette besogne ingrate ? Bref, dans la quête susnommée, vous devrez recruter divers rockeurs et libérer leur pouvoirs…en alignant les performances rockesques les unes après les autres, cela va sans dire. Cette fois, pas de compteur de score, il suffira de jouer les chansons en s’adaptant aux particularités de chaque personnage (Star Power qui augmente plus vite, multiplicateur de score à maintenir élevé…) afin de récolter les précieuses étoiles. Cela devrait vous occuper quelques heures, car le maquillage est finalement assez efficace, et on se laisse prendre au jeu en dépit d’une narration ratée. Le mode Soirée, fer de lance de Guitar Hero 5, a été encore un peu plus soigné pour offrir aux joueurs d’un soir une expérience sans coupure ou presque. Moins de temps de chargement, moins de menus, l’expérience est relativement fluide et permet de ne pas faire retomber la fièvre du rock, même si toutes les chansons ne sont pas disponibles dès le début : un beau gâchis car cette initiative aperçue dans les derniers épisodes était la bienvenue. Quelques défis sont également disponibles dans le mode Partie Rapide, et il sera possible de collecter quelques trophées, apanage des joueurs acharnés. En quelques mots, ce Guitar Hero est le plus complet de tous, et ses nouveaux modes de jeu vont ravir les collectionneurs et autres maniaques du « fini à 100% ».

Date de sortie :
24 septembre 2010.
Disponible sur :
Playstation 3, Xbox 360, Wii.


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Les commentaires des internautes

1.Posté par Yaumgui Perrin le 11/10/2010 10:18
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Je vais retravailler la bannière sous peu. J'accepte tous types de conseils :)

2.Posté par Geek le 12/10/2010 12:42
1,5 millions de Playstation Move vendue en Europe c'est dans la Tribune ce matin. C'est mieux que la Wii, on peut avoir une idée ?

3.Posté par Yaumgui Perrin le 12/10/2010 22:40
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Sachant que la Wii s'est vendue à 22 millions d'exemplaires en Europe, je ne vois pas trop où tu veux en venir...tu entends quoi par "on peut avoir une idée" ?

4.Posté par Geek le 13/10/2010 09:51
Je voulais savoir si les chiffres de la Playstation Move sont aussi bons que ceux de la Wii ! Ma formalisation était en me relisant un peu maladroite... Merci pour la réponse en tout cas

5.Posté par Yaumgui Perrin le 14/10/2010 16:51
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(chiffres précédents : source Gamekult -> pour la précision ^^)
Disons que la Wii a pris une avance considérable, et c'est une console entièrement dédiée à la détection de mouvement. Sony et Microsoft veulent "simplement" étendre leur marché. Je pense donc que des chiffres - aussi bons soient-ils- ne pourraient traduire qu'une réalité bien partielle, car on parle ici d'un nouvel accessoire et non d'une nouvelle console. Car on peut le dire, Sony et Microsoft n'arriveront clairement pas à lutter sur deux fronts : celui de la concurrence directe avec Nintendo (joueurs occasionnels) et leurs cibles originelles, càd les ados et jeunes adultes (licences populaires, type Final Fantasy, GTA et PES...)

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