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Jeudi 17 Mai 2012


Lundi 20 Février 2012 - 12:09

La transmutation des pixels, ou l'art numérique vu par Christian Fafet

Quand l'ordinateur crée de l'art sous les doigts d'un artiste inspiré





Depuis le 13 janvier 2012 et pour encore une semaine, la Maison de la Culture Saint-Marcel, à Metz, accueille les toiles de Christian Fafet, une exposition d'art numérique par laquelle grâce à des logiciels très simples l'artiste donne à voir un monde mi-abstrait mi-figuratif qui interpelle.


L'une des oeuvres exposées de l'artiste, Christian Fafet, à la MCL de Metz. - © LPC | Christian Fafet
L'une des oeuvres exposées de l'artiste, Christian Fafet, à la MCL de Metz. - © LPC | Christian Fafet
Depuis une trentaine d'années l'évolution technologique a été telle que les artistes ont vu s'ouvrir un infini de possibles à explorer. Nouveaux supports, nouveaux outils, nouvelles inspirations. Plus de matériel traditionnel. Palette, pinceaux, couleurs sont devenus virtuels, secondés par des programmes informatiques qui démultiplient leurs capacités d'utilisation. Avec des logiciels à la portée de tous, il est désormais possible de laisser libre cours à une imagination nourrie certes par le cerveau humain en même temps qu'amplifiée par les capacités de l'ordinateur. C'est ce qu'on appelle la peinture numérique. D'après le Messin Christian Fafet, dont la galerie d'exposition de la Maison de la Culture Saint-Marcel présente les oeuvres jusqu'à la fin de la semaine, l'artiste se trouve exactement dans le même processus de création qu'auparavant. Pour cet autodidacte la création artistique sur ordinateur s'inscrit dans la suite logique d'un travail commencé en 1991 autour des lettres et de l'écriture, qu'il détournait pour en faire des tableaux. Il explique très simplement comment il s'est mis à explorer seul toutes les capacités de la géniale machine, et que petit à petit les fonctionnalités lui étant de mieux en mieux connues, des oeuvres de plus en plus abouties ont vu le jour, avec le soutien de logiciels comme Paint ou PhotoEditor.

No face, un titre qui crie...

Dès l'entrée dans la galerie il est difficile de ne pas se laisser happer par les tableaux de Christian Fafet . Vous vous trouvez face à une série de figures, plutôt des masques de morts vivants qui vous fixent de leurs orbites vides pendant que les couleurs rouges et noires vous hurlent au visage. Sur une autre paroi, des silhouettes sans épaisseur semblent s'aplatir contre des murs de briques qui leur barrent le passage. Couleurs primaires brutales, bleu, rouge, beaucoup de noir et de temps en temps des coulées de brun qui, précise l'artiste, figurent des lambeaux de peau. Inutile de dire que dans cet univers très sombre on en arrive à éprouver un certain malaise en même temps qu'une réelle fascination. Les toiles accrochent le regard, interrogent. NO FACE. Les personnages ont des yeux, mais ils ne voient pas, ils ont une gorge, mais qui ne crie pas. En installant cette ambiance qui traverse les productions, l'artiste a voulu traduire et dénoncer ce qui se passe depuis plusieurs années sur la planète au plan économique. Plus d'espoir, le monde va dans le mur. Le peintre, qui admet la nécessité d'un accompagnement explicatif à la perception des oeuvres contemporaines, reconnaît que cette forme de peinture devenue engagée, traduit le point de non-retour auquel est parvenue l'humanité. 

Informatique et image, un couple magique

En utilisant les capacités du logiciel l'artiste devient le maître d'un espace qui l'asservissait auparavant en lui imposant comme limites celles de la toile à peindre. Il peut désormais élargir ou rétrécir à volonté les contours de son monde. User du copié-collé, superposer des images importées de toute nature, déformer les contours, modifier les dimensions de sa production. Et du même coup, par effet de zoom, porter sur un fragment de l'oeuvre qu'on aborde comme en plongée un regard plus incisif. Entrer dans un visage jusqu'à le décomposer complètement et frôler l'abstraction. La toile sur laquelle l'image numérique a été reproduite prend une dimension différente et parle un langage nouveau qui interpelle le visiteur peu habitué à cette distorsion de l'espace. Le portrait du sculpteur Claude Goutin, photographié par Christian Fafet en 2007, se déroule en une longue bande sur laquelle le visage se démultiplie sous différents angles. A force de rentrer dans l'image on en arrive à son constituant le plus élémentaire, le pixel, le plus petit commun dénominateur de toute l'exposition, devenu l'élément constitutif essentiel de chaque tableau. Une sorte de pointillisme numérique ! Il vous reste une semaine pour aller à la MCL Saint-Marcel découvrir cette nouvelle forme d'art contemporain

Contact et renseignements :
Maison de la culture et des loisirs :

36, rue St Marcel - 57000 Metz

Tél : 03 87 32 53 24 - fax : 03 87 32 03 00
Le site : www.mclmetz.fr - courrriel


Le site de l'artiste : www.christian-fafet.com


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