Miralles ne raconte que l'Homme, tous les hommes. Il les dissimule, ne laissant apparaître qu'un sentiment, un souvenir, une « apparition » de l'être. Les visages se tordent de douleur. Ce travail de défiguration dynamique et violent nous rappelle immédiatement l'œuvre de Bacon. Seulement Miralles traduit davantage le passage d'un état à l'autre et nous laisse dans une confusion perturbante et agitée. Miralles poursuit une quête identitaire de l'âme humaine. Il nous livre des êtres aux souffrances universelles, ne pouvant porter les traits d'un visage singulier. Au-delà de l'apparence, il peint l'interrogation. Ses peintures semblent nous dire, sans relâche : « Qui es-tu ? Que veux-tu ? » Au spectacle de ses toiles, naît un profond questionnement sur nous-mêmes et notre relation à l'autre. Christophe Miralles n'a que 37 ans et un visage d'adolescent à côté de ses « ancêtres de demain » qu'il peint obstinément. De ses œuvres se dégage une grande force expressive. Dès que nous pénétrons dans la salle, ces êtres nous encerclent, nous observent, nous figent sur place. Leur solitude nous trouble, leur invitation nous effraie.