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05 Janvier 2008

Le centre mondial de la paix de Verdun accueillait Christophe Miralles


Saluons l'initiative : deux grandes et belles salles du palais épiscopal mises à la disposition de l'art contemporain. Christophe Miralles y exposait toiles et sculptures jusqu'au 20 décembre 2007. Une rencontre qu'il ne fallait pas manquer !


La salle 2 s'ouvre sur une installation de sculptures et  une galerie de portraits - © LPC|SZ
La salle 2 s'ouvre sur une installation de sculptures et une galerie de portraits - © LPC|SZ
Français d'origine espagnole, Miralles est né à Valencia en 1970. Il vit et travaille aujourd'hui à Annecy en Haute Savoie. Depuis 1998 il multiplie les expositions de Washington à Hong-Kong. Et c'est en 2006 qu'il vient pour la première fois en Lorraine au Crid'art à Amnéville les Thermes. Un an plus tard, ce sont les deux salles du Palais Episcopal de Verdun qui accueillent l'artiste pour le plus grand bonheur des amateurs.

Peintre et plasticien de renommée internationale, le jeune artiste nous présente une œuvre aboutie et mature. Il associe ici, des corps carbonisés sur place à des toiles peintes aux couleurs chaudes où apparaissent des êtres sans visage et sans nom. Deux expressions artistiques différentes qui se complètent dans un mutisme pesant. Ces corps réalisés en plâtre, figés sur leur chaise représentent les souvenirs et la douleur des victimes des attentats du 11 mars 2004 à Madrid. Un hommage déroutant, qui nous renvoie à l’horreur humaine. Les personnages qu’il dépeint sont des portraits sans identité : « A partir de cette notion de portrait je cherche à créer une rencontre entre toile et public ; je réfléchis à la forme qui pourra le mieux inciter celui qui regarde à s’interroger sur sa place dans la société. Son regard plaque son vécu sur la toile et se l’approprie. Le regard du visiteur doit être une promenade parmi les ancêtres de demain. »

Miralles ne raconte que l'Homme, tous les hommes. Il les dissimule, ne laissant apparaître qu'un sentiment, un souvenir, une « apparition » de l'être. Les visages se tordent de douleur. Ce travail de défiguration dynamique et violent nous rappelle immédiatement l'œuvre de Bacon. Seulement Miralles traduit davantage le passage d'un état à l'autre et nous laisse dans une confusion perturbante et agitée. Miralles poursuit une quête identitaire de l'âme humaine. Il nous livre des êtres aux souffrances universelles, ne pouvant porter les traits d'un visage singulier. Au-delà de l'apparence, il peint l'interrogation. Ses peintures semblent nous dire, sans relâche : « Qui es-tu ? Que veux-tu ? » Au spectacle de ses toiles, naît un profond questionnement sur nous-mêmes et notre relation à l'autre. Christophe Miralles n'a que 37 ans et un visage d'adolescent à côté de ses « ancêtres de demain » qu'il peint obstinément. De ses œuvres se dégage une grande force expressive. Dès que nous pénétrons dans la salle, ces êtres nous encerclent, nous observent, nous figent sur place. Leur solitude nous trouble, leur invitation nous effraie.

Dès que j'ai repoussé la porte de l'exposition, j'ai emporté avec moi le lourd passé et avenir de l'homme qu'il nous peint avec force. Un artiste à découvrir et à suivre !

Exposition permanente :
Crid’art
Centre Thermal
57360 Amnéville les Thermes
03.87.17.22.22
le site
Horaires : Tous les jours de 13h30 à 19h.

Site officiel de l’artiste

Stéphanie Zuccali


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