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Mercredi 23 Mai 2012


Jeudi 7 Avril 2011 - 11:25

Le monde du jeu vidéo, la chronique


par Guillaume Perrin



Chaque mois, notre journaliste joue, analyse et commente pour vous les nouveaux titres de l’actualité du jeu vidéo. Affûtez vos pads et autres manettes avec ou sans fil, quand il joue, c’est du sérieux.


Le monde du jeu vidéo, la chronique

Le monde du jeu vidéo, la chronique
Pokémon Version Noire/Blanche

Tandis que la presse spécialisée se réjouissait de l’arrivée « des petites révolutions » proposées par ce nouvel épisode, votre serviteur a joué sans sourciller à cet opus qui disons-le tout net, parvient à remplir sa mission de divertissement, sans plus. Point de gros changements donc. Quels étaient les bouleversements annoncés ? Tout plein de nouvelles bêbêtes dans un premier temps, 151 pour être précis. Certes, ça fait un paquet, surtout que l’on a viré sans ménagement les anciennes bestioles. Roucool et Rattata semblaient avoir un CDI en béton armé, mais n’ont pas échappé au raz-de-marée qui n’a épargné aucun des monstres de poche des générations précédentes. Par contre, on se retrouve avec les mêmes schémas qu’avant : le même triptyque disponible au départ (feu/eau/plante), les rivaux s’emparant des autres, puis des monstres faiblards de type Normal à attraper une fois votre liberté conquise. Ah oui, vous aurez désormais droit à deux compagnons de route : une façon subtile d’introduire les combats en trio…qui apparaissent deux ou trois fois dans le jeu, et encore, si vous vous aventurez hors des sentiers battus. Toujours les mêmes coups, la même vue, le même système d’échanges obligatoire pour compléter le sacro-saint-Pokédex (sorte d’album Panini pour ces monstres fluo aux noms dénichés pendant une rave-party) : on se demande quelle Pokémouche a piqué les journalistes, pourtant sérieux à l’heure d’analyser une série aussi culte. Mais le tableau n’est pas tout noir (ni tout blanc, vous l’aurez compris) : le jeu possède une vraie histoire, qui fait réfléchir le public et tout, avec des méchants super ambigus. Heureusement que le jeu est là pour vous garder sur le droit chemin, et que votre héros désespérément muet ne prend jamais position, sinon vous auriez pu passer du côté obscur ! En deux mots, la Team Plasma vise à libérer les Pokémon du monde entier de l’emprise de leurs dresseurs, dont vous faites partie. Sont-ils de véritables partisans d’Olivier Bensancenot ou préparent-ils un coup fourré ? Rassurez-vous, le cas de conscience ne vous guette pas, mais on ne peut qu’apprécier ce scénario un peu plus digne d’un jeu de rôles. En synthèse, même s’il est toujours possible d’aborder Pokémon de façon hardcore (calculer les probabilités de capturer facilement son adversaire ou de le mettre KO en un seul coup est très complexe !), le jeu reste le même dans ses mécaniques essentielles et se contente de révolutions majoritairement esthétiques. Toutefois, il se révèle toujours aussi divertissant, mais il ne faut surtout pas s’attendre à un résultat jamais vu auparavant. Attendez-vous à voir surgir du coin du bois un « Pokémon Gris », qui bouclera la trilogie habituelle sans modifier la donne…

Disponible sur : Nintendo DS
Date de sortie : 4 mars 2011.

Le monde du jeu vidéo, la chronique
MotorStorm Apocalypse

Des univers graphiques hyper détaillés, de gros véhicules vrombissants avec plein de tôle (froissée) dessus, des courses chargées en adrénaline…oui, rien qu’à en voir la jaquette, MotorStorm Apocalypse ne décevra pas les joueurs en mal de sensations fortes, lassés des simulations de courses familiales. Cette série lancée en même temps que la PS3 a su trouver son rythme pour s’imposer dans les esprits comme le leader des jeux de course dits « adultes », par opposition à Mario Kart et consorts. La particularité de cet épisode se situe davantage dans les décors que dans tout autre aspect : les décors sauvages et inexplorés à la sauce Dakar de l’extrême laissent place à des environnements urbains en plein…apocalypse. Cela a d’ailleurs fait couler beaucoup d’encre (virtuelle) sur les forums de jeux vidéo, car le Japon venait d’être frappé par le fameux séisme au moment où l’Europe se délectait de la sortie du jeu. Mais ce n’est pas le sujet de cette chronique. Comme on peut s’y attendre, MS Apocalypse en met plein les mirettes. La compatibilité 3D relief n’est certainement pas étrangère à ce sentiment, mais là encore, il vaut mieux avoir un bon équipement pour prendre son pied en bonne et due forme. Des courses courtes mais intenses, avec l’activation sur demande des scripts de démolition des décors : le leitmotiv du jeu, bien assumé et réalisé avec brio, ne se retrouve malheureusement pas sur l’intégralité des circuits. Du coup, le soufflé retombe un peu, pour peu que l’on ne fasse pas attention à l’enchaînement des courses. Il n’est rien qui ne pourrait gâcher une bonne soirée entre potes, rassurez-vous, mais les différences sont suffisamment notables pour ne pas être remarquées en mode solo, toujours un peu moins palpitant et où l’on est forcément un peu plus concentré, même si là n’est clairement pas l’essence du jeu. Car l’esprit MotorStorm, c’est d’envoyer du lourd en n’oubliant pas de chambrer votre victime, ce qui fait toujours son petit effet en multijoueur local. Cela fait plaisir de voir que tous les développeurs de jeu ne se focalisent pas uniquement sur les modes en ligne : MS Apocalypse vous propose de varier les plaisirs jusqu’à 4 concurrents sur un même écran ou jusqu’à 16 joueurs sur le Playstation Network. Evidemment, comme c’est à la mode de nos jours, c’est un système d’expérience au goût de déjà-vu qui viendra récompenser les chauffards les plus chevronnés en leur attribuant moult véhicules, que vous pourrez d’ailleurs personnaliser avant chaque course. Encore un bon plan pour les soirées pizzas !

Disponible sur : PS3.
Date de sortie : 16 mars 2011.

Le monde du jeu vidéo, la chronique
Top Spin 4

Trois ans après un troisième épisode diablement efficace, la référence des simulations de tennis fait son grand retour. Après le succès (au moins d’estime) de NBA 2K11, les studios de développement rassemblés sous la bannière de 2K Games signent un nouveau bijou du genre, beaucoup plus abordable que son grand frère. En effet, si le troisième opus avait opté pour un gameplay un peu trop bien ciselé (au détriment de la vivacité globale des échanges), on retrouve avec bonheur l’alliance quasi-parfaite d’une maniabilité précise qui conserve tout de même l’intensité des plus belles rencontres du circuit « réel ». Et pour ce qui est du réalisme, on est servi ! On sent que chaque membre du circuit ATP possède une « patte » fidèlement retranscrite, et cela se sentira particulièrement avec des stars comme Nadal, Agassi, ou encore Ivanovic, les trois têtes d’affiche de la jaquette cette année. Concernant la maniabilité, bon nombre d’aides sont à votre disposition pour vous permettre d’effectuer le coup parfait, qui peuvent être désactivées si le joueur vient à les trouver gênantes. Il sera plus facile de trouver le bon timing pour déclencher son service ou un revers ravageur de cette façon, ne serait-ce que dans un premier temps. La dimension stratégique est aussi très présente dans cet opus : la résistance physique du joueur, ainsi que ses qualités de frappe et de placement peuvent se poser en obstacle dans votre quête du coup qui fera mouche. Bien sûr, cela sera toujours plus facile avec un « Rafa » amélioré qu’avec le péquenaud que vous viendrez tout juste de créer, mais personne n’est infaillible, et être trop sûr de soi en voulant jouer les artistes se révèle rarement payant. Il appartient au joueur de rester mesuré, car l’intelligence artificielle de cet épisode ne vous fera aucun cadeau. Le système d’expérience est particulièrement gratifiant, car vous pourrez en cumuler avec votre avatar dans tout mode de jeu, même si l’accent est mis sur le mode Carrière. La progression s’effectue selon le profil choisi pour votre joueur : pour prendre un exemple caricatural, on pourrait choisir entre la puissance et le service ou la vitesse. Le choix du coach aura également une influence -positive comme négative- sur la progression de votre poulain, selon les objectifs remplis ou non. Toute victoire et événement annexe vous fera gagner en popularité, élément indispensable pour accéder aux tournois de votre calendrier ATP. Finalement, il n’y a rien à reprocher d’un point de vue technique à ce titre. Bon, certains irréductibles parleront de plastique des joueurs à affiner, mais il reste d’autres priorités : élargir le casting. Car on ne peut prétendre développer la simulation de tennis la plus réaliste possible si les événements officiels sont prisés par une foule de joueurs…virtuels. Seulement 17 hommes et femmes modélisés pour l’occasion, auxquels on ajoute les huit vieilles gloires mises en avant. Cela fait peu, en particulier lorsque l’on veut incarner une femme…parmi les sept disponibles. Cela peut paraître puéril, mais il est difficile de se sentir totalement immergé dans un tournoi du Grand Chelem dès les premiers tours si l’on ne croise pas une tête connue dont les mouvements seront bien reproduits (au hasard : Monfils, présent dans Top Spin 3 jusque sur la jaquette !). Hormis cela, le jeu devrait vous occuper pendant de longues dizaines d’heures…sauf si vous vous lassez de croiser des centaines de Nadal survoltés en ligne.

Disponible sur : Xbox 360, PS3, Wii.
Date de sortie : 18 mars 2011.

Le monde du jeu vidéo, la chronique
Shift 2 : Unleashed

Il paraît que Forza Motorsport et Gran Turismo ne sont plus seuls. Depuis 2009, Electronic Arts a décidé de chasser sur les terres des deux mastodontes, rien que ça. La concurrence frontale a été évitée, puisque Gran Turismo 5 est sorti avant Noël, alors que Forza Motorsport 4 est en gestation chez Turn 10, attendu pour la fin de cette année. Après un premier opus portant encore le préfixe d’une série orientée arcade, Need for Speed Shift voit donc son contrat reconduit d’un nouvel épisode, mais cet héritage est difficile à porter lorsque l’on développe une série orientée simulation. Exit « NFS », relégué en bas de jaquette, comme un vulgaire sous-titre. Et au vu du travail effectué sur l’immersion et la mise en scène, on peut dire que la priorité est respectée. Beaucoup plus Shift que Need for Speed, le titre porte indéniablement la patte d’un grand en accentuant le moindre choc, aspect déjà à l’honneur chez le grand frère. Côté retranscription graphique de la réalité du monde de la conduite, Shift 2 se pose là. En ce qui concerne le pilotage, un gros travail a été effectué sur l’intelligence artificielle des adversaires : ordinairement un peu trop enclins à conserver coûte que coûte leur ligne de conduite, leurs réactions ont été affinées pour s’adapter à vos tentatives de dépassement, ce qui provoque un comportement en course globalement plus crédible. Hormis cela, des aides au pilotage sont toujours disponibles pour rassurer les néophytes, même si l’affinage des paramètres n’est pas encore au niveau des mastodontes pré-cités. En retirant ces assistances, il va falloir prendre garde à une certaine nervosité des bolides, assez enclins à embrasser le rail de sécurité au moindre coup de stick trop prononcé. Nouveauté de taille, la nuit noire –à la mode « forêt transylvanienne »- fait son apparition, et ça promet de sérieusement corser les épreuves d’endurance, déjà sacrément éprouvantes dans le premier épisode. Celui-ci se démarquait du duo mythique Gran Turismo / Forza Motorsport par un système de progression plus rapide, mais aussi plus accessible. Gageons que cet aspect saura à nouveau séduire les indécis, intimidés par l’austérité des poids lourds du genre, plus complets mais pas forcément aussi abordables.

Disponible sur : Xbox 360, PS3, PC.
Date de sortie : 31 mars 2011.

Le monde du jeu vidéo, la chronique
Crysis 2

Le jeu qui se rapprochait le plus d’un benchmark jouable est de retour ! Quatre ans plus tard, ce jeu de tir à la première personne (FPS) en met toujours plein la vue, même si une impression de stagnation s’installe quelque peu…Petit rappel pour les absents de la dernière fois. Le concept de la série Crysis tourne autour d’une nano-combinaison qui vous est confiée à vous, soldat, pour vous permettre de mener à bien vos objectifs de défense de la planète Terre. Cet attirail futuriste améliore la plupart de vos capacités physiques, selon le mode que vous lui aurez attribué. Par exemple, en mode « armure », vous résisterez mieux aux projectiles ennemis et aux explosions. En mode « infiltration », vous deviendrez totalement invisible à condition de rester discret dans le champ de vision des adversaires. Les autres modes vous permettront de basculer entre vitesse extrême et grande puissance musculaire, de quoi varier les plaisirs. Et cela concerne aussi les armes, auxquelles on peut adjoindre quelques accessoires sympas, dont les classiques lampe-torche et silencieux. Seul petit problème, le studio Crytek a totalement revu sa copie. Exit le FPS à la liberté de mouvement relativement efficace, place au shooter de couloir très dirigiste ! Le pire, c’est que l’on sent le studio allemand peu à l’aise dans cet exercice, et le joueur se retrouve enfoui sous des tas de dialogues lourds et insipides, tentant de raconter tant bien que mal le scénario décousu du jeu. Finalement, on pourrait presque se dire que cette linéarité est un mal pour un bien ! Manquerait plus que le joueur se perde géographiquement après s’être senti totalement largué scénaristiquement parlant…Sans trop en dire, le jeu nous plonge dans la peau d’un Marine qui, après l’attaque de son sous-marin, s’est retrouvé complètement seul et en possession de la fameuse nano-combinaison. Il devra explorer une ville de New-York au bord de l’apocalypse (ça me rappelle quelque chose…) où les vilains méchants détruisent tout sur leur passage dans leur quête de Marines. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on est réellement plongé dedans. Le déroulement global de l’histoire, quoique légèrement haché, possède de nombreux moments d’action intense, qui sont parfois interrompus –surtout au début- par des séquences facultatives utilisant votre « viseur global ». Ce dernier vous permet d’avoir une vue globale de votre terrain de jeu, une option qui plaira surtout aux débutants et à ceux qui progressent en prenant leur temps. En clair, il y a comme un air de déjà-joué dans cette suite qui a pris tout son temps pour venir, mais qui n’exploite pas encore tout le potentiel des consoles et encore moins le PC (le jeu se lance toujours sous Direct X 9 et non pas DX 11 en cette fin du mois de mars !). Toutefois, l’amateur de FPS post-apocalyptiques saura fermer les yeux sur le travail de titan qu’a nécessité la réalisation de ce jeu, aux musiques somptueuses et aux effets graphiques impressionnants.

Disponible sur : Xbox 360, PS3, PC.
Date de sortie : 25 mars 2011.


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