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Mercredi 23 Mai 2012


Jeudi 12 Novembre 2009 - 18:10

Le mur de Berlin est tombé à... Saint-Dié

Une initiative pour le souvenir et l'histoire


par Muriele Charlet Dreyfus



Ils sont nés dans les années 1990. Ils n'ont jamais connu le mur de Berlin. Grâce à leur professeur d'allemand, les élèves de section européenne de 4e et de 3e du collège Jules Ferry de Saint-Dié (88) ont reconstruit le mur... pour pouvoir mieux le faire tomber ce 9 novembre 2009.


Antony Beugnon, assistant d'éducation au collège Jules Ferry, joue Jean-Sébastien Bach au violon devant le mur de Berlin-St Dié avant sa destruction. Tout un symbole. - ©LPC|MCD
Antony Beugnon, assistant d'éducation au collège Jules Ferry, joue Jean-Sébastien Bach au violon devant le mur de Berlin-St Dié avant sa destruction. Tout un symbole. - ©LPC|MCD
Carton après carton, le mur s'est construit depuis la rentrée de septembre, devant l'amphithéâtre du premier étage. Aucun élève du collège ou du lycée n'a pu l'ignorer. Hier soir, à la date anniversaire de la chute du mur de Berlin, l'émotion a été à son comble. Les élèves de la section européenne de 4e et de 3e l'ont fait tomber ! Le professeur, Anne Rodon, explique que grâce à la chute du mur, l'Europe s'est élargie, que la liberté est née, que le communisme s'est effondré. Le proviseur parle de la chute des préjugés entre le peuple français et ses amis européens. Collégiens, lycéens et parents ont répondu à l'appel et se sont massés nombreux dans les escaliers.

Les élèves ont produit un prodigieux travail. D'abord le montage du mur. Carton après carton, morceau de polystyrène après morceau de polystyrène, ou de polyurétane. Côté Est, ils ont collé le fruit de leurs recherches dans les livres et sur internet. Côté Ouest, ils ont repris les tags de l'époque et les élèves ont écrit : « C'est le jour que nous attendons depuis 28 ans », « Maintenant ou jamais », « La liberté de la presse » ou « Les élections libres ». « Je ne savais pas tous ces détails », explique une collégienne. « T'imagines, tu naîs pendant la construction du mur et t'attends des années avant de voir ce qu'il y a de l'autre côté », rétorque encore un autre jeune. « Tout était coupé, c'était un régime communiste. Ça marchait pas trop », signale une autre voix, plus discrète. Un jeune homme vient jouer du Jean-Sébastien Bach au pied de la construction, en référence à Mstislav Rostropovitch qui fit de même vingt ans plus tôt devant le vrai mur à Berlin. « Nous n'avions pas trouvé de violoncelliste ! », ironise amusé un professeur. Que cela ne tienne, le morceau sera joué au violon. Tous se taisent, soudain émus.

Une formidable ovation acclame la fin du morceau. Puis, les élèves se massent côté Est. et on entend une petite voix « madame, c'est bon ? » et en une seconde, le mur vole en éclats. Les élèves l'exposent en hurlant. De mémoire de collégien, on n'a jamais vu une telle pagaille cautionnée par les professeurs et le proviseur ! A défaut d'avoir vécu le 9 novembre 1989, ils pourront dire eux aussi : « j'y étais ». Ils repartent déjà avec des morceaux du mur... qu'ils garderont précieusement en souvenir ! Une belle initiative.


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