La chanson française messine fait appel à de bien curieux représentants de la race canine pour la défendre. La Plume Culturelle a rencontré Armelle et Abel, les créatrices du groupe des « Cabots Fiancés ». La formation musicale a sorti en 2008 un EP éponyme de 5 titres et propose prochainement des concerts dans la région.
La Plume Culturelle :D'où vient ce nom étrange ? Comment est né votre groupe ?
Les Cabots Fiancés : Ce nom a été trouvé lors d’une soirée où nous relisions l’une de nos chansons « défauts aqueux » dans laquelle nous disons « Des fois qu’on s’croise, on pourrait s’regarder, on pourrait s’regarder en cabots fiancés… ». Armelle qui écrit les textes, s’est amusée à retourner dans tous les sens nos bonnes vieilles expressions françaises. Par exemple, se regarder en Cabots Fiancés dont la traduction pourrait être « se regarder en chiens de faïence » dans notre langue cabotine. La chanson raconte ce qu’il doit se produire de magique lors d’une rencontre, la nôtre par exemple. Le groupe est né de ces rencontres exceptionnelles, la première est celle de deux femmes qui se complètent et s’aiment particulièrement ! Euh, nous quoi !
LPC :N’est-ce pas difficile d’être un groupe de filles de nos jours, et d’être prises au sérieux ?LCF : Être une nana musicienne, pas facile ? C’est au contraire un atout d’être une femme qui chante ou joue d’un instrument de musique en Occident. Sarkozy aime bien, lui (rire). Mais nous serons prises au sérieux seulement si nous avons du talent, et que nous arrivons à le mettre en valeur. Pas trop de préjugés débiles ressentis jusqu’à maintenant, quant au reste, cela ne nous regarde pas.
LPC :Quel intérêt d’avoir des nouveaux membres masculins ?
LCF : À l’origine, le projet émane de deux filles seules, mais le groupe est mixte ! Notre rencontre avec Max, notre guitariste hystérique, est déterminante dans le cheminement des Cabots. Il donne à nos textes qui se veulent accrocheurs et décalés ainsi qu’à nos mélodies, une amplitude électrique, saturée, whawhatée ! Paco, notre dernier petit Cabot, nous a rejoints il y a peu de temps au cajon, percussion en bois au son sec, chaleureux et entraînant, ce qui fait que nous gagnons maintenant ce petit côté exotique jazzy bienvenu ! Il y a un gouffre entre aimer passionnément la musique, assister à de nombreux concerts, jouer d'un instrument et monter son propre groupe pour brûler les planches et en faire son métier. Mais c'est plus fort que nous ! Notre place est sur scène, sans prétention, mais sans gêne non plus. Les influences des membres du groupe nous y aident même si elles sont très, très différentes, voire opposées parfois et la liste est longue, longue, très longue…
LPC :Quelles sont donc ces influences ?
LCF : Pour résumer un peu, Armelle aime beaucoup le pop-rock, les fictions et les animations (films, courts-métrages et livres). Max est un ska man venu d'une autre planète. Ses influences sont inter-planétaires, Paco est à l'origine un batteur de jazz, il aime surtout rire de tout, ses influences sont innombrables comme celles de notre ska man, et moi, c'est la chanson française, les documentaires, les films du dogme et le chamanisme qui m'interpellent. C'est ce melting-pot bizarre au demeurant qui constitue les Cabots Fiancés. Monter un groupe comme celui-là n'est pas une mince affaire, c'est un rêve.
LPC :Racontez-nous un peu votre chanson « Marion » : sa genèse, son histoire ?
LCF : « Marion » est une chanson métaphorique qui parle d’un sujet grave sur un air volontairement désinvolte, l’inceste. Mais ce n’est pas une composition autobiographique, heureusement. Armelle s’est inspirée pour l’écrire, de nombreuses histoires racontées autour d’elle et il nous semblait important de poser ce sujet tabou sur la table, en tant que femmes d’abord et surtout en tant qu’amies de victimes ensuite. Il est vrai que partout où elle passe depuis sa création, cette chanson suscite des réactions positives, preuve qu’elle est réussie ! Ce qui nous va bien. A force, « Marion » va devenir l’emblème musical de ce sujet !
LPC :« Marion » figure également au générique d’un film. Comment est-ce arrivé ?
LCF : Cette chanson en fait, est diffusée sur la chaine TV câblée « Escale » en introduction d’un documentaire : « l’île rouge pas à pas ». Les deux réalisatrices parisiennes, Cécile Clocheret et Lydie Bertrand, l’ont entendue un peu par hasard, ont eu un coup de cœur pour ce qu’elle raconte (ou pas) et cela s’est fait ainsi tout naturellement, pour notre plus grand plaisir à nous quatre.
LPC :Ce mini album va t-il générer prochainement de nouvelles chansons et donc un nouvel opus ?
LCF : 2009 s’annonce comme une année chargée pour le groupe. En plus des scènes qui se multiplient comme des petits pains, de nouvelles chansons vont voir le jour incessamment, et d’autres ne demandent qu’à mûrir encore un peu. Le label Zoupayou Production dirigé par Sandra Ianigro, est notre nouvel associé. On pense aussi à l’enregistrement de toutes ces chansons sur un album plus complet mais chaque chose en son temps, on y travaille ! Bref, on est tous gonflés par l’espoir de construire quelque chose se solide ensemble et c’est bien la valeur ajoutée de nos journées !
En concert : Le 26 mars 2009 à 20 h 00 au Cococabana - 5 bis, boulevard Sérot, à Metz. Le 03 avril 2009 à 20 h 30 à la Médiathèque Jean Morette - 44 bis, rue Clémenceau à Amnéville. - A découvrir dans la programmation de LPC Radio
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