Lundi 14 Novembre 2011 - 12:09
Les Frères Moutin : quand le jazz est là
Un grand moment de plaisir et beaucoup de sensualité à l'Arsenal de Metz
Les jumeaux Louis et François Moutin, après quelques années d'absence, reviennent ce vendredi 18 novembre 2011 à l'Arsenal de Metz, bien décidés à prouver qu'il n'y a pas qu'en Amérique que le jazz excelle. Les amateurs et autres curieux sont attendus à 20h dans la grande salle pour une « Nuit du Jazz ». Rencontre avec deux frères au caractère bien trempé unis par une même passion, la musique.
Les jumeaux Louis et François Moutin, respectivement à la batterie et à la contrebasse, lors d'un concert du Moutin Reunion Quartet. - ©LPC | DR
Issus d’une famille d’amateurs de musique et plus particulièrement de jazz, les jumeaux baignent dans cet univers depuis leur plus jeune âge. Grâce aux instruments présents au domicile familial, ils ont pu commencer leur apprentissage très tôt, Louis au piano, François à la guitare. Chemin faisant, les deux complices ont continué à exercer leurs talents et leurs études en parallèle, sans envisager un seul instant une carrière musicale. Très terre à terre, ils suivaient ainsi une scolarité des plus conventionnelles, dans l’optique de décrocher un diplôme qui leur permettrait d’accéder au métier, ô combien paradoxal, d’ingénieur. A la moitié de leur cursus, les deux frères ont décidé de tout plaquer. Illuminés par une véritable révélation, ils comprennent que jamais ils ne pourront exercer un métier situé aux antipodes de la musique. Par ailleurs, c’est également à cette période qu’ils rencontrent le musicien Jean-Michel Pilc, présent à leurs côtés pour le concert de vendredi. Dorénavant bien décidés à vivre de leur passion, ils proposent leurs services à des clubs de jazz, et de fil en aiguille, talent aidant, ils sont aujourd’hui bénéficiaires d’une assise confortable, dans le pays comme à l’étranger.
« Le jazz peut tout se permettre, et nous aimons cette liberté »
Autodidactes, les frères Moutin ont donc développé un rapport singulier à la musique. Tout petits déjà, ils n'étaient pas intéressés par la pop et les autres genres contemporains, car ils n’y voyaient que très peu d’émotions et de liberté d’expression. « Le jazz m’a tout de suite excité », confie François, qui explique : « l’association d’un rythme exalté avec un tel raffinement mélodique, cela exprime des émotions auxquelles je suis très sensible. » Profondément lié au sensuel et à la liberté, le jazz représente pour eux une conversation où le musicien, nourri par la musique, nourrit à son tour le public. « Grâce à cette liberté, je suis à l’aise car je ressens que je peux tout faire », confie Louis. Et pour cause, si selon eux le jazz leur permet une telle spontanéité, c’est que contrairement à d’autres musiques, il ne souffre pas d’une hiérarchie. Dans la musique classique par exemple, le compositeur domine le soliste qui domine les musiciens et ainsi de suite. Le jazz à l’inverse demande à chaque musicien d’être à la fois compositeur et interprète, il embrasse donc l’ensemble de la hiérarchie musicale. « Les jazzmen sont plus que de simples interprètes, et ça se sent instinctivement dans la musique », conclut François.
« Lorqu’on joue ensemble, on s’amuse comme des enfants ! »
Ces jumeaux a priori inséparables sont pourtant séparés au quotidien par tout un océan. En effet, depuis le milieu des années 1990, François a décidé de vivre aux Etats-Unis, à New-York, considéré comme le centre du monde en matière de jazz. « C’est un rêve », lâche-t-il instantanément, « je m’y suis tout de suite extrèmement plu, on y ressent une telle créativité, c’est une ville qui s’autogénère avec une activité musicale si intense. » François, qui invite régulièrement son frère, a ainsi conféré à leurs carrières une dimension internationale. Toutefois, malgré cette distance éprouvante, leur complicité reste leur mentor. « Nous aimons tous les deux la sensualité, le jeu et la liberté que développe cette musique. » Louis marque une pause avant d’ajouter : « en fait, notre force est d’avoir pu nous épauler dans la découverte comme dans la création. » Très attachés l’un à l’autre, Louis et François s’inspirent jusque dans leur écriture et composent rarement un morceau sans l’avis de leur alter ego. « Ce que j’aime chez François, c’est son intransigeance, il n’a pas peur de dire ce qu’il pense et d’être franc avec moi », s’amuse Louis, guilleret ,« il est juste génial ! »
Carte blanche aux frères Moutin
L’idée de la « Nuit du Jazz » de ce vendredi 18 novembre 2011 est de proposer deux formules, une première partie de soirée orchestrée par The Moutin Reunion Quartet, la seconde accueillera Rudresh Mahanthappa et Jean-Michel Pilc, des amis très proches de Louis et François Moutin. Fondé il y a plus de dix ans, The Moutin Reunion Quartet émane d’un désir commun des jumeaux de promouvoir leurs compositions pour amener le spectateur à célébrer la beauté du jazz comme l’imagination qui s’en dégage. Composée de François à la contrebasse, Louis à la batterie, Pierre de Bethman aux claviers et enfin Rick Margitza au saxophone, la formation a pour ambition de faire partager son amour de la musique. La relève sera ensuite assurée par le pianiste Jean-Michel Pilc et le saxophoniste américain Rudresh Mahanthappa, qui accompagneront les frères Moutin dans un panaché de compositions inédites, oeuvres de chacun des artistes. Une occasion pour les jumeaux de rendre hommage à ces deux amis de longue date, qui ont largement contribué au lancement et à la prospérité de leurs carrières. « Quand le public nous écoute, il cherche une connexion pour être en harmonie avec nous, mais pour ce faire, il faut déjà qu’il existe une connexion entre les musiciens », explique Louis, en concluant : « avec mon frère et mes amis, il se crée beaucoup d’intimité et il est donc plus facile de pénétrer notre univers. » Rendez-vous donc ce vendredi pour une nuit pleine d’émotions, de sensibilité et surtout, de plaisir partagé.
Contact et renseignements : Arsenal de Metz 3 avenue Ney - 57000 Metz Tél : 03 87 74 16 16 - le site internet : www.arsenal-metz.fr - Courriel Horaires et tarifs : Vendredi 18 novembre à 20h, dans la Grande Salle Tarifs : de 17 à 28€ selon les places
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