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Vendredi 10 Février 2012


Vendredi 6 Novembre 2009 - 08:56

Les Trinitaires : « le service public de soutien à la scène locale » ?

Première résidence - formation musicale avec le groupe messin « The Yupps »





La formation musicale « The Yupps » a été le premier groupe à bénéficier d’une formation technique et artistique de deux jours aux Trinitaires avec un musicien conseil. Un premier pas pour la structure culturelle qui souhaite devenir un acteur importantr dans l’accompagnement des jeunes artistes locaux.


le groupe « The Yupps » bénéficie de la première cession d'accompagnement pour les artistes aux Trinitaires. - ©LPC|TZ
le groupe « The Yupps » bénéficie de la première cession d'accompagnement pour les artistes aux Trinitaires. - ©LPC|TZ
En septembre dernier, Nicolas Tochet, coordinateur en charge des spectacles vivants et de la création aux Trinitaires, l’avait annoncé. Aujourd’hui, cela est devenu une réalité. Mais quoi donc ? Eh bien la mise en place d’une résidence musicale qui consiste à suivre les formations prometteuses et à leur apporter une aide pédagogique. La première a eu lieu durant deux jours (entre le 31 octobre 2009 et le 2 novembre dernier) avec le groupe les Yupps. L’initiative pourrait plutôt s’apparenter à une formation technique supervisée par un musicien-conseil. Si le dispositif d’accompagnement existe déjà à Nancy, dans les locaux de l’Autre Canal, à Metz, il n’en existait pas de comparable ailleurs. Avec un financement de l’État, de la Région et  de la ville de Metz, Alain Aimé, musicien, artiste et conteur, a apporté sa contribution et son expérience à cette nouvelle aventure.

« The Yupps », les artistes de demain ?

Depuis pratiquement deux ans, la formation messine The Yupps connaît un succès non négligeable au niveau régional. Après avoir remporté la finale du RTL2 pop rock tour, en mars dernier, puis avoir participé au Festival des Musiques Lycéennes et celui de Zikametz, le groupe va participer le 20 novembre prochain aux présélections du Printemps de Bourges. Il n’empêche que l’apport de conseils et d’un accompagnement par les Trinitaires et par Alain Aimé est loin d'être inutile, selon les membres de la formation. « En deux jours, nous avons eu le temps de prendre des claques, et en trois chansons, Alain nous a dit ce qui n’allait pas… sans chichi », avoue Thomas Poinsignon (guitare/chant). Pour Maximilien Schmitt (batterie), il explique que l’acquis durant les deux jours a réussi à les décomplexer par rapport à leur jeune âge (vingt-deux ans en moyenne) et leur travail. « Cela nous a permis une approche plus professionnelle dans notre jeu de scène. Avant nous étions spontanés seulement grâce à l’action du public. Maintenant, nous jouerons avec la même pêche quel que soit le nombre de spectateurs devant nous », signale-t-il avec l'oeil plus critique, celui d’un artiste.

Pour Alain Aimé, le dispositif d’accompagnement ne peut être une réussite auprès des groupes prometteurs que lorsque ces derniers « présentent une réelle envie de cette aide ». Ni l’âge, ni le statut, professionnel ou amateur, ne sont des obstacles. « Mon travail est d’observer avec un regard de spectateur la prestation des musiciens et de leur apporter des solutions expertes à leur travail », précise l’artiste. « Ce n'est pas moi qui attends quelque chose d’eux, mais plutôt je veux savoir ce qu’ils souhaitent apprendre avec moi. Je ne fais pas dans la critique gratuite. Je dis simplement les choses en les interrogeant », conclut-il. Pour lui, le plus difficile pour un musicien, c'est de pouvoir à la fois être à l’écoute des autres membres de la formation, pour créer une cohésion de groupe, et « s’écouter soi-même et prendre du plaisir à jouer. »

Un service public de soutien à la scène locale ?

Si la première cession semble un succès pour les musiciens et pour Nicolas Tochet, les Trinitaires comptent bien proposer leur aide à trois ou quatre groupes par an. Pour l’instant. « Les artistes ne connaissent pas toujours le dispositif qui existe dans la région et nous voulons devenir le service public de soutien à la scène locale », déclare le jeune coordinateur. Selon lui, « le public ou les politiques ne voient que la partie émergée de l’iceberg avec les concerts". Pourtant, il ne faut surtout pas négliger « l’accompagnement en amont que personne ne remarque. » Un message en filigrane pour signaler, peut-être, que même lorsque les salles n’accueillent pas de public, la structure peut également vivre et vibrer grâce notamment aux résidences artistiques.


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