Mercredi 11 Janvier 2012 - 11:25
Les histoires poétiques de « Fabergo »
Le jeune artiste Fabien Bertrand nous transporte dans son univers onirique
Fabien Bertrand, alias « Fabergo », est de ceux dont la créativité semble sans limites. Avec à son actif deux albums et des dizaines de prestations scéniques, il enchante petits et grands par ses compositions poétiques. Découverte de l'univers d'un doux rêveur.
Fabien Bertrand, alias « Fabergo », un artiste aux multiples facettes - © LPC | Elodie Hermès
Fabien Bertrand est un magicien des mots, un prestidigitateur qui recouvre le quotidien morose d’une poésie légère et apaisante, un baume qui adoucit et apaise. L’univers de « Fabergo » est à l’image de son créateur : envoûtant. Depuis 2 ans, le jeune auteur-compositeur-interprète, originaire des Ardennes, se consacre à la musique à plein temps. Des chansons, il en écrit beaucoup, en sélectionne peu, qu’il interprète sur scène avec son acolyte de sœur Joanna sous le nom de « Fabergo ». Si sa voix et sa guitare suffisent à donner vie à ses morceaux, il s’entoure volontiers de musiciens qui procurent à ses concerts une énergie supplémentaire. Autodidacte, Fabien écrit « comme il respire » depuis son enfance. S’il s’initie à la guitare, c’est pour composer, avant tout. « Les mots sont parfois plus importants que la mélodie », confie le jeune musicien aux faux airs de ménestrel. L’instrument symbolise pour lui le prolongement de l’être et un support de choix pour la transmission des émotions : « j’écris sur mes expériences personnelles et mes ressentis. Sur le papier, je retranscris une émotion particulière, heureuse ou triste, mais toujours forte », explique Fabien. Un regard introspectif qui insuffle à ses chansons une rare authenticité.
Des inspirations multiples
Après des études de sociologie, il prend un virage à 180 degrés et s’offre une année de formation au Centre des Musiques Actuelles de Valenciennes. Un coup d’essai réussi avec son autoproduction « L’il déserte » l’amène à signer en 2009 un deuxième album au nom rêveur de « L’ivre d’hors », carnet de voyage d’un séjour d’un an en Irlande dont il ressort transfiguré. Un opus riche de 15 « chansons françaises, poétiques et voyageuses », invitant à l’évasion sous toutes ses formes, géographique, musicale ou imaginaire. Fabien se régale de la prose et des rimes de Boris Vian, Arthur Rimbaud et Paul Verlaine, mais s’inspire aussi volontiers des textes de Mano Solo ou Bertrand Cantat, ses « poètes modernes ». Ses influences, entrelacement hétéroclite de rock des années 90, de chanson traditionnelle française et de son anglo-saxon, sont aussi variées que son répertoire, tour à tour slam, reggae ou folk. Une pluralité rare dans un paysage musical où cloisonner les artistes dans des cases est monnaie courante.
Un artiste qui joue sur plusieurs tableaux
Une tournée de concerts en appartements en 2005 dans la France entière lui confère un rapport privilégié avec le public : « instaurer un espace scénique dans le salon d’une personne implique de créer une proximité avec elle. C’est une performance qualitative et sans filet, à la fois pour l’artiste et pour le public, qui permet de faire beaucoup de rencontres».« Mais l’objectif est aussi de sortir des appartements et de jouer dans des salles », rappelle malicieusement Fabien. Hyper productif, le jeune Ardennais a plusieurs cordes à son arc et cumule les projets : auteur-compositeur pour la formation « Sales Fées » dans laquelle officie également sa sœur, ou pour le quatuor rock « Mock », il a aussi créé un spectacle pour enfants, « Fabergosse », qui mêle compositions personnelles et classiques d’Henry Dès parsemés de séances de jonglage et de théâtre de marionnettes. « Les enfants sont le seul public avec lequel on a l’impression d’être une star », plaisante le jeune artiste, modeste.
Petites galères et succès naissant
Les débuts sont toujours laborieux et le jeune homme a dû faire face aux désillusions de rigueur. Des salles clairsemées, il en a vu : « c’est difficile de se faire connaître », avoue Fabien. « Alors on apprend à être patient et à relativiser. » Petit à petit, sa verve poétique a su toucher le cœur d’un public devenu fidèle. « Nous n’avons jamais reçu de mauvais échos. Il nous est arrivé de vendre, à l’issue d’un spectacle, 15 CD aux 15 personnes présentes dans la salle », s’enthousiasme-t-il. Ces deux dernières années, il a donné plus de 50 concerts, qui l’ont forgé et aguerri. Sa « double appartenance » régionale lui permet de tourner sur deux régions, la Lorraine et la Champagne-Ardenne, et d’élargir ainsi son aura musicale. Prolifique, Fabien rêve de composer pour d’autres : « je n’ai pas envie de me cantonner à mon univers. Je veux que mes chansons soient interprétées par d’autres qui apporteront une vision différente », conclut le jeune artiste. Un prochain album intitulé « Saoul Venir », promesse d’une nouvelle plongée dans le monde unique de « Fabergo », est prévu pour la fin de l’année. Un périple musical enivrant qui ne vous laissera pas indifférent.
Notez
Musique
|
Arts & Expos
|
Spectacles
|
Littérature
|
Voyages
|
LPC, la revue
|
Rédaction
|
LPC TV
|
Le portrait de la semaine
|
Chroniques
|
|