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Mercredi 23 Mai 2012


Vendredi 28 Novembre 2008 - 10:22

Les nanas « Borderline » vues par Anne Tappon

Le 28 et 29 novembre 2009 à Metz





Première escapade pour Anne Tappon au Théâtre de la Lucarne à Metz. La Plume Culturelle a rencontré l’humoriste qui nous tire le portrait des personnages de son one-woman-show quelque peu atypique, à la frontière de la crise de nerf.


Durant deux soirs, Anne Tappon va sévir sur les planches du Théâtre de la Lucarne avec ses nanas « Borderline » - © LPC|
Durant deux soirs, Anne Tappon va sévir sur les planches du Théâtre de la Lucarne avec ses nanas « Borderline » - © LPC|
La Plume Culturelle : Pourquoi avez-vous choisi la folie dans votre one-woman-show ?

Anne Tappon : Ce n’était pas l’idée de départ, c’est venu au fur et à mesure quand j’ai commencé à écrire les sketches. Je me suis rendu compte que mes nanas avaient toutes un grain, alors j’ai continué sur cette lancée. Quant au titre du spectacle, « Borderline » c’est mon metteur en scène qui en a eu l’idée car il résume assez bien les portraits de ces femmes au bord de la crise de nerf.

LPC : Donc vos personnages souffriraient de ce trouble qu’on appelle « borderline » ?

AT : Disons que si un psychiatre venait voir mon spectacle, il dirait que mes personnages ne sont pas vraiment borderline. On va dire que mes personnages se retrouvent dans des situations poussées à leur paroxysme qui les propulsent à la limite de la folie, de la névrose et à un doigt de péter les plombs. Au point même qu’il faudrait les enfermer dans une maison de repos.

LPC : Combien de personnages féminins au bord de la crise de nerfs jouez-vous dans le spectacle ?

AT : Il y en a sept, dont l’une est une chorégraphe contemporaine qui revient très souvent dans le spectacle. Le public ne le sait pas toujours de prime abord, mais se rend compte après coup que c’était encore elle, ce qui apporte un réel effet de surprise. Et puis ce personnage est plus parlant pour moi puisque je viens du monde de la danse. J’ai rencontré quelques-unes de ces chorégraphes qui, mélangées et mixées, ont donné corps à celle-ci. Et puis avec une chorégraphe contemporaine tout est permis dans les mots, le corps, son excentricité. D’ailleurs dans le spectacle, elle a un orgasme créatif à un moment où les gens ne s’y attendent pas.

LPC : En exacerbant leur faiblesse, vous ne profitez pas de leur fragilité mentale pour vous moquer d’elles ?

AT : Disons que je m’amuse de mes personnages, et avec eux, plutôt que de m’en moquer. C’est toutes ces petites failles qui les rendent humaines et attachantes, finalement. Ces portraits de femmes offrent au public des situations que personne ne connaît mais qui peuvent parler à tout le monde. Et puis il y a les situations de la vie quotidienne où le spectateur va quand même se sentir concerné, et grossir ces événements et en rajouter des caisses, c’est cela qui va pousser au rire. Je crois aussi que je me moque surtout de moi-même, dans une sorte d’autodérision !

LPC : De tous ces portraits que vous interprétez, duquel vous sentez-vous la plus proche ?

AT : Le portrait de la fille célibataire est celui qui s’inspire le plus de ma vie personnelle, au moment de l’écriture de ce sketch en tous cas, puisqu’aujourd’hui, je ne suis plus célibataire (rire). Ce qui est génial, c’est de pouvoir en rire, car ce n’était pas tous les jours facile. Et c’est parti comme ça, notamment en racontant mes déboires amoureux à l’une de mes copines que cela faisait mourir de rire. Il faut dire que j’avais déjà pris ma distance par rapport aux faits, et que je les accentuais en écrivant mes histoires. De toute façon, toutes les héroïnes de mon spectacle ont un petit quelque chose de moi.

LPC : Dans votre spectacle, vous mélangez la comédie avec le chant et la danse. Pourquoi un tel cocktail ?

AT : Je me suis dit, quitte à écrire un spectacle autant y inclure tout ce que j’aime faire. En l’occurrence, comme je ne voulais pas me cantonner à des sketches parlés, j’y ai associé la danse, d’où je viens, et le chant. Je me suis dit « fais-toi plaisir et prouve au public ce dont tu es capable ». Et puis je pense que ce n’est pas encore courant de voir des artistes seuls sur scène qui associent les trois disciplines dans un one-man-show. C’est ma petite touche personnelle, ma petite originalité qui surprend mais plaît au public.



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