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Vendredi 10 Février 2012


Mardi 9 Juin 2009 - 14:57

Lors de l’Été du Livre de Metz, nuit magique à Pompéi

Une rencontre entre actualité et mythologie avec Alain Jaubert





A l’Opéra Café, partenaire-café littéraire de l’Été du Livre de Metz, la Plume Culturelle animait une rencontre avec Alain Jaubert, auteur de « Une nuit à Pompéi », paru aux éditions Gallimard. Une heure qui a passé trop vite…


Alain Jaubert était l'invité du café littéraire de la Plume Culturelle, à l'Opéra café (Metz), dans le cadre de l’Été du Livre du week-end dernier. - ©LPC|JML
Alain Jaubert était l'invité du café littéraire de la Plume Culturelle, à l'Opéra café (Metz), dans le cadre de l’Été du Livre du week-end dernier. - ©LPC|JML
L’ouvrage Une nuit à Pompéi figurait dans la première sélection du Goncourt des lycéens 2008. Son auteur, Alain Jaubert, est davantage connu pour la réalisation de nombreux films documentaires et pour la série « Palettes », diffusée depuis 1989 sur Arte. Il reconnaît lui-même que l’écriture fait partie de ses premières amours et qu’il écrit depuis l’âge de 15 ans. Son roman, Val Paradis, a d’ailleurs reçu la Bourse Goncourt du premier roman.

Au fil de la lecture de Une nuit à Pompéi, on reconnaît l’œil aiguisé de l’amateur d’art dans la description des sculptures, tableaux, mosaïques, lors de ses pérégrinations dans les musées, et sur le site de Pompéi. Sa préférence - c’est sur cette jolie statue de marbre blanc que s’ouvre le roman – va à la Vénus callipyge (Vénus aux belles fesses) qu’il décrit avec sensualité, gourmandise et une précision quasi anatomique, rappelant au passage qu’il existe à son sujet une sympathique légende, présente quelque part dans le livre.

L’autre personnage, imposant celui-là, mais incontournable à Naples, à cheval entre histoire et mythologie, c’est le Vésuve, étrange volcan mi-masculin mi-féminin. Car si ses flancs abrupts dominent la baie de Naples à la façon d'un symbole phallique, comme ceux qu'on découvre omniprésents sur les murs et les pavés, et à l'intérieur des maisons de Pompéi, le cratère qui s'ouvre lorsqu'on plonge les yeux vers le fond du gouffre lui confère une identité quasi féminine. Et les Napolitains, depuis l’Antiquité, vivent à l’ombre de cette bizarre montagne qu’ils craignent et vénèrent à la fois.

L’intrigue est plaisante, axée sur la rencontre entre trois personnages, le narrateur (tout est vrai, dit l’auteur, mais réarrangé comme seul un écrivain  a le droit de le faire), une actrice de cinéma et une jeune archéologue férue de ces inscriptions salaces que l’on retrouve sur les murs de Pompéi et au musée de Naples…., surtout dans le « cabinet secret » où sont réunies les très nombreuses pièces érotiques mises à jour lors des fouilles de la ville ensevelie sous les cendres. Considérées longtemps comme choquantes et obscènes, elles doivent à Garibaldi de pouvoir figurer désormais au grand jour. Dans une nonchalante déambulation, l’auteur promène le lecteur au hasard d’épisodes par lui vécus, dans cette région d’Italie à laquelle il voue un véritable culte.

Au passage on s'initie aux mœurs amoureuses des Romains, dans cette contrée qui était le jardin enchanté des écrivains, sorte de Saint-Trop romain où de nombreux auteurs, Virgile, Sénèque, Pétrone, avaient leur maison de campagne pour fuir les miasmes estivaux de Rome. Nos trois personnages, le temps d’une balade de nuit dans les ruines de la cité engloutie par le Vésuve en 79 après J.C., vont vivre une histoire érotique où ils mêleront d'une façon à la fois érudite et coquine, les gestes et les rites les plus anciens du monde, et au cours de laquelle l’Antiquité épouse la modernité de la manière la plus naturelle qui soit.

L’auteur, qui a été marin, connaît l’art de distiller les histoires, de marier, pour le plus grand plaisir du lecteur, les découvertes géographiques aux récits mythologiques ou à des interprétations personnelles à la fois pertinentes et surprenantes. Et si vous ne connaissez pas le latin, les quelques  graffitis, évidemment traduits, qui émaillent le récit, vous offriront un aperçu différent de ce que vous auriez pu considérer jusque-là comme une langue rébarbative, et "morte" de toute façon! Ces choses-là ne meurent jamais !



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