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Mercredi 23 Mai 2012


Vendredi 26 Septembre 2008 - 12:00

« Nuit blanche », Découvrir l’art avec un regard nouveau

Un concept qui s’installe et s’exporte





Pour une fois qu’on peut passer une nuit blanche sans regretter de ne pas avoir dormi, on ne va pas s’en priver. Le concept, imaginé en 2002 à Paris par son maire Bertrand Delanoë, s’est en 6 ans développé d’une façon incroyable, en France, en Europe et dans le monde.


L'oeuvre Barka Alba de Voicu Satmarean évoque l’idée d’un voyage dès l’origine compromis, les bateaux ne peuvent s’échapper - © LPC|Voicu Satmarean
L'oeuvre Barka Alba de Voicu Satmarean évoque l’idée d’un voyage dès l’origine compromis, les bateaux ne peuvent s’échapper - © LPC|Voicu Satmarean
Durant toute une nuit – et c’est plus drôle la nuit, parce que les objets prennent une autre apparence, parce qu’on peut jouer sur les ombres et les lumières -, le public est appelé à ouvrir ses yeux et ses oreilles dans les lieux les plus insolites, à regarder les spectacles les plus déjantés, à entendre les sons les plus ébouriffants, à participer à la création contemporaine, selon les mots du maire de Paris : « Nuit Blanche est une invitation à l’art en mouvement, sans barrière ni exclusion ; le public participe aux œuvres ». C’est une manifestation ouverte à tous, jeunes et moins jeunes, gratuite, élément particulièrement important pour éviter l’exclusion par l’argent, non-élitiste, tout le monde étant logé à la même enseigne, qui ouvre à la découverte et à la compréhension de l’art contemporain, sans entraves et sans aucune censure.

Si on accepte ce défi, d’approcher l’art contemporain pendant une nuit, on s’aperçoit que la France, les régions, le monde, grouillent d’artistes, - l’art est création -, qui manifestent une imagination débordante pour susciter des univers décalés, provocateurs, délirants, pour faire jaillir chez le spectateur une sensation, une émotion, un déclic. On aime ou on n’aime pas, mais on ne reste pas indifférent. En tous cas on se pose des questions ! Ce qui anime cette création contemporaine, ce sont les notions de liberté, de transgression, de re-fabrication ou de transformation du réel. A ce titre, l’art contemporain n’est pas si nouveau, puisque dès 1917 le normand Marcel Duchamp commença à détourner les objets les plus ordinaires de leur usage habituel. Par la seule volonté de l’artiste l’objet devient œuvre d’art. L’urinoir de Marcel Duchamp, pris à l’envers et baptisé “Fontaine”, est le symbole de ce nouvel état d’esprit. On ne veut plus faire de l’art pour l’art, la création n’est plus mesurée à l’aune du travail fourni, du “talent” et des canons d’une école artistique, on n’est plus prisonnier de normes, on laisse aller son imagination, on se laisse aller.

De la même façon que Marcel Duchamp fit scandale, que le homard de l’artiste américain Jeff Koons à Versailles suscite ce mois-ci critiques ou enthousiasme, l’art contemporain dérange par sa non conformité aux normes en vigueur, aussi bien esthétiques que morales. Et c’est le mérite de ces “Nuits blanches” de donner à voir et à entendre à toute une population des spectacles qu’elle n’aurait jamais imaginés, ou pour lesquels elle n’aurait jamais payé, laissant ainsi des pans entiers de la culture de son époque réservés à un public dit “averti”. Même si on n’aime pas, on en revient avec un œil plus riche, et c’est un événement culturel majeur en ce sens qu’il fait évoluer la connaissance de tout un public, qu’il ouvre l’esprit et qu’il instruit. Et les municipalités des villes qui obtiennent le label “Nuit blanche” ont le mérite de l’avoir compris…

Gageons que si cet événement a commencé modestement en 2002 avec seulement quelques représentations, il va s’inscrire dans la durée et dans l’espace au même titre que la Fête de la musique, ou la Nuit des musées, ou les Journées du patrimoine, dates festives de la culture, celle que chaque citoyen peut s’approprier sans bourse délier, et tout cela dans la convivialité, la détente et la bonne humeur avec la complicité de la nuit. Le sens de la fête est de retour !

Programmation :
Le programme du Forum de la Place Saint-Louis : - Du 26 septembre jusqu'au 3 octobre 2008

Le programme de la nuit : - Du vendredi 3 jusqu'au samedi 4 octobre 2008



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