Vendredi 12 Février 2010 - 12:31
The Swamp en concert aux Trinitaires : un uppercut rock'n'roll garanti
Les quatre rockers seront aux Trinitaires pour défendre leur deuxième album enregistré à New York
The Swamp, quatuor rock prometteur à cheval entre Strasbourg et Metz, a quitté son Alsace-Lorraine chérie pour enregistrer à New York son deuxième album « Back to The Swamp ». Xavier « Mr X », guitariste, et Tristan « The Doc », bassiste, nous présentent leur rock'n'roll bluesy à l'occasion de leur retour aux Trinitaires ce samedi.
Les Trinitaires auront un air de jungle new-yorkaise avec les quatre membres de The Swamp - ©LPC|
Formé de Xavier à la guitare, Tristan à la basse, Tom au chant et à la guitare, The Swamp a une particularité, le chanteur Dave n'est autre que le batteur. Fait suffisamment rare, même dans l'univers libertaire du rock, pour être signalé. La comparaison avec Phil Collins s'arrête là. Après un premier album éponyme déjà très remarqué, le groupe revient en force avec "Back to The Swamp" qui enfonce bien profond le clou rouillé de leur rock'n'roll déluré, aux antipodes du son léché de Genesis. Les Swamp naviguent plutôt entre les eaux troubles du blues de Muddy Waters et les volutes opiacées du hard-rock psychédélique des Queens of The Stone Age. Avec un sens de l'attaque simple et accrocheuse sur fond de disto légère comparable à des White Stripes énervés. La voix de Dave fait beaucoup dans le charme de la formation. Son chant inspiré de l'icône blues punk new-yorkaise Jon Spencer confère aux Swamp une sensualité de caniveau inimitable. On a parfois l'impression d'avoir affaire à une sorte d'Elvis Presley des catacombes ! Une référence loin d'être honteuse pour Xavier et Tristan : « Tous les membres du groupe adorent le King », assurent-ils. Le chant lascif de Dave se fond à merveille dans les envolées bordéliques rock'n'roll du groupe, qui souffle toujours le chaud et le froid entre passages mid-tempo et accélérations furieuses. Le groupe pourrait sortir étouffé par une telle batterie de références pesantes. Des groupes auxquels on les compare et dont ils se réclament. Au contraire, les Swamp savent qu'ils n'ont rien inventé mais font parfois preuve d'une véritable fraîcheur par rapport à leurs prédécesseurs, comme sur "Vampire Blues", qui mêle habilement accords de guitare entêtants, orgue démoniaque et chant de crooner éméché. Un rock'n'roll sans fioritures ni pose, si éloigné de la scène française traditionnelle qu'on se demande s'ils ne sont pas des imposteurs qui viendraient en fait des États-Unis. Detroit, Chicago, New York peut-être?
Le rêve américain
Le son typiquement américain de l'album ne s'explique pas uniquement par les influences rock US communes à tous les musiciens. Il a bel et bien été enregistré à New York, dans les studios de Matt Verta-Ray, collaborateur du génial Jon Spencer au sein de Heavy Trash. Une expérience inoubliable pour les Swamp : « On a rencontré Matt après un concert » , déclare Tristan. « Le courant est tout de suite passé et il nous a invités dans son studio à New York ». Une occasion unique pour le groupe de travailler avec un maître en matière de garage rock'n'roll. De plus, Matt Verta-Ray n'a pas seulement fait office d'hôte bienveillant : il joue le double rôle de producteur et de directeur artistique. Il donne même un coup de main au groupe sur la tubesque "Death Letter" ! Un album enregistré à l'ancienne, dans des conditions "roots" qui ont bien plu à Xavier : « Le premier avait été enregistré sur bande numérique, là on est revenu à l'analogique. Des amplis à lampe pour un son old-school comme on aime », se réjouit-il. Matt Verta-Ray a vraiment fait office de maître à penser dans la conception de l'album, en l'orientant dans cette direction à l'ancienne. Xavier confirme : « On a enregistré live, tous dans la même pièce. Avec cette méthode, on se focalise moins chacun sur notre instrument et plus sur la dynamique de groupe. » Une opportunité incroyable, d'autant plus que, de l'aveu mi-réjoui, mi-résigné de Xavier, « même avec le trajet en avion le prix du studio à New York revient moins cher qu'en France à qualité égale ». Gageons même qu'en Hexagone, ils n'auraient pas réussi à sonner de façon aussi spontanée et brute que sur "Back to the Swamp". Un objet à part dans une scène rock française qui parfois s'écoute trop jouer. A la cérébralité de certains, The Swamp répond par les impulsions électriques toxiques de son brillant deuxième album. Un instantané accrocheur, nerveux et concis de 14 jours passés aux côtés d'un cador de la riche scène underground new-yorkaise.
Globe rockers
De leur périple dans la Grosse Pomme, les deux compères gardent un souvenir ému et plein d'admiration pour une ville incomparable. Ce qu'ils retiennent avant tout, c'est la sidérante proximité des musiciens de la ville, leur accessibilité aussi : « On a rencontré Jon Spencer, et aussi un mec qu'on ne connaissait pas jusqu'à ce qu'on nous dise qu'il avait joué de la batterie pour Iggy Pop », se souvient Xavier avec amusement. « Ils ont tous été vachement disponibles pour discuter avec nous ». Sans parler du guitariste Ivan Julian, membre de Richard Hell & The Voivods, groupe précurseur du punk américain, qui a réalisé le master de l'album. Ou du dessinateur de comics Mort Todd (Les Contes de la Crypte) auteur de la pochette horrifique et décalée de l'album. Le but des Swamp ne se résume pas ici à étaler l'impressionnante liste de personnalités influentes du milieu rock underground qu'ils ont rencontrées. Cela montre juste que les Swamp sont avides d'ailleurs, d'autre part, constamment mus par une envie de voir le monde. A distance d'abord, avec des passages quotidiens sur le réseau radio international France Diffusion. Ils sont programmés à Tijuana, Chicago, en Grèce et même en Thaïlande. « Se dire que notre rock'n'roll passe même dans les rizières, c'est le pied », déclarent les deux compères, hilares et fiers. Ils ont même effectué une tournée en Israël, mise en images sur le DVD "Deep in the Swamp", qui accompagne leur deuxième LP : « Un super public curieux de rock », déclare Xavier. « D'ailleurs on a ramené deux très bons groupes rock de là-bas, Carusella et Mondo Gecko, pour jouer aux Trinitaires ». Une salle de concert qu'ils réinvestiront avec plaisir ce samedi 13 février, avant une série de dates en Belgique. « Sur scène, on joue fort et on aime ça », prévient Xavier. « Vu que notre lead singer est batteur, il sera placé en avant sur la scène donc ce sera fort, vite et dans ta gueule ». Rockeurs et rockeuses messins, voilà une prestation à ne pas rater.
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